Il s’est rendu à la polyclinique de Seddouk : il en est ressorti avec une constation des plus critiques caractérisée par des manques qui frappent plusieurs services.
A chaud, il a déclaré sans ambages que cette situation alarmante le préoccupe et l’inquiète à plus d’un titre. « Des actions urgentes doivent être entreprises pour préserver cette structure sanitaire qui risque une disparition. J’ai demandé le renforcement du parc des ambulances par l’acquisition de nouveaux véhicules devant permettre l’évacuation des malades aussi bien de la ville que des villages : il y va de la santé de toute la population », s’époumona le maire. En effet, en se rendant à cette polyclinique créée en 1983, les infirmiers ou les responsables subalternes qui ont bien voulu nous renseigner n’ont pas caché leur amertume en faisant état d’une situation délétère qui prévaut au sein de cette structure érigée le 02/01/2008 comme établissement public de la santé de proximité, coiffant de ce fait cinq policliniques (Beni Maouche, Amalou, Bouhamza, Tamokra et Ouzellaguen) et fonctionnant avec un directeur nommé récemment, 3 médecins généralistes, 2 dentistes dont un affecté à l’hygiène scolaires, 11 infirmiers et 5 sages femmes. A commencer par la maternité où siffle le vent par manque de malades. Outre l’absence d’un gynécologue, l’espace est réduit de 50 % pour l’aménagement des bureaux administratifs.
« Des bureaux existent au premier étage de l’établissement et sont servis par des escaliers de l’intérieur, lesquels ont été affectés au laboratoire d’hygiène de la daïra. Ce laboratoire pourrait être déplacé ailleurs pour rendre à César ce qui lui appartient. Cela nous évitera d’amputer de l’espace à la maternité qui est appelée à être développée avec le nouveau statut de l’établissement », dira un chef de service qui informe par ailleurs que le laboratoire d’analyse se limite au dépistage des groupes sanguins alors qu’il a été conçu pour compléter le service des urgences, qui fonctionne H/24. Si l’on se tient à cela, il témoignera aussi que le service de radiologie, est à l’arrêt par manque de matériel bien que la radio et le personnel qualifié existent. Il n’a pas omis de signaler que même la PMI est négligée.
La présence d’un gynécologue au moins une fois par semaine se faisait désirer depuis belle lurette, ce qui se faisait auparavant. Parlant du service dentaire, il avouera que seules les extractions s’effectuent pour le moment alors qu’il devrait prendre en charge même les prestations afférentes aux prothèses dentaires. L’autre fait marquant pour ce service c’est quand il y a rupture de stocks des anesthésies : les patients étaient invité pour cela à se procurer les produits eux-mêmes chez les pharmacies privées. De ce qui précède et au vu des témoignages des uns et des autres cet établissement en plus des services qu’il assure est appelé aussi à jouer un rôle important de par son statut de tutelle de cinq polycliniques relevant de trois daïra (Seddouk, Béni Maouche et Ouzellaguene) avec chacune sous sa bannière des centres des soins y aura-t-il dans un avenir proche les concours nécessaires en moyens humains et matériels à même de lui garantir un bon fonctionnement ? Sans cela, ce seront les populations en zones rurales y dépendant qui pâtiront de la persistance de ces insuffisances. Pour prendre conscience, il suffit de faire un tout pour constater de visu l’afflux incommensurable des malades s’y rendant de jours comme de nuit. C’est pourquoi nous disons qu’à défaut d’un hôpital un mini hôpital s’impose de lui-même.
L. Beddar
