Les éternels sans emplois se hâtent de présenter leurs candidatures avec l’espoir d’être retenus parmi les heureux élus. Faute de création de postes de travail durables, en vue de soulager la foule de chômeurs qui encombrent les rues de Aïn El Hammam, l’administration vient de « faire un effort » en allouant soixante-dix postes d’emploi dans le cadre de l’IAIG à la municipalité. Certains pensent, en fait, que vu les besoins de la commune, il en faudrait des centaines.
« Ce qui permettrait d’occuper presque sans contrepartie les jeunes sans travail », nous dit un ancien dans la « profession ». La formule tant décriée, assimilée à une nouvelle manière d’exploiter, est la seule offre d’emploi sur laquelle se rabattent de nombreuses jeunes filles. Recrutés à l’origine pour une durée limitée afin d’exercer certains travaux d’intérêt général, durant quelques demi-journées par semaine, les jeunes du filet social se retrouvent finalement derrière un bureau, assurant la fonction de gratte-papiers à temps plein, à la place d’un employé que le service n’est pas pressé de recruter. Ne pouvant décrocher un contrat de travail, il font carrière malgré eux. Les administrations regorgent de ces rejetés du système, payés trois fois moins que le Smig. Comme si on leur avait accordé le privilège du recrutement, ils supportent brimades et remarques déplacées, à la moindre inattention. Nous avons rencontré un père de famille recruté dans ce cadre, depuis… douze ans, alors qu’une mère de plusieurs enfants entame sa huitième année d’exercice pour 3 000,00 DA par mois.
Avec ce « pécule », elle arrive tout juste à s’offrir le casse-croûte. Sa collègue jure qu’elle demande à ses parents de lui payer le transport. « En attendant que quelque responsable daigne bien me recruter définitivement ». Certains se plaignent d’être en poste, depuis de nombreuses années et « voient arriver de nouvelles têtes pistonnées, prendre les postes dès qu’ils sont créés ».
Et d’ajouter : « Nous constituons chaque année des dossiers de recrutement mais nous savons qu’il faut à chaque fois être proche des responsables pour espérer un coup de main ». Nos jeunes ont plus besoin de postes de travail honorables que l’IAIG qui les avilit, chaque jour un peu plus.
Nacer B.
