Une substance aux conséquences désastreuses

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Incolore, inodore et sans saveur, la drogue du viol a un effet extrêmement dévastateur. Peu connue chez nous, cette substance qui se présente sous forme de poudre, de liquide ou d’ampoule existe depuis quelques années déjà en Europe et en Amérique du Nord.

Appelée aussi GHB (acide gamma hydro byturique), elle agit sur la neurotransmission des zones thalamiques et corticales accélérant la transmission et réduisant l’activité du cortex cérébral, en d’autres termes réduit l’activité consciente (volonté, jugement et raisonnement) laissant libre champ à l’excitation générée par les zones primitives du cerveau (zone des instincts et des réactions).

Cela explique les cris de la personne droguée, ses gestes, son incapacité à refuser, ses rires et surtout un appétit sexuel excessif mais sans plaisir ni orgasme. Ceci dit, ce produit dangereux peut être facilement versé dans un verre ou sur un aliment. Quelques gouttes diluées dans une consommation (des femmes majoritairement) et la victime perd le contrôle de la motricité.

Elle plonge dans un état de somnolence. Elle est alors incapable de résister à son agresseur. Les symptômes apparaissent vingt minutes au maximum après la consommation et peuvent durer jusqu’à quarante-huit heures. La victime voit son jugement faussé, elle perd ses inhibitions et donne l’impression de collaborer. Elle est confuse, surexcitée et devient amnésique, ne gardant aucun souvenir des événements. En effet, les utilisateurs cherchent en leurs victimes l’excitation, une sexualité sans prohibition, et surtout un état hypnotique.

Par ailleurs, l’appellation du GHB, la drogue du viol, n’est pas le fruit du hasard, car, est-il utile de rappeler que tout rapport sexuel avec une femme sans sa volonté (forcée ou droguée) est un viol, la malheureuse victime devient alors un objet sexuel “amputée” de toute volonté et traitée comme une vulgaire chose. Ainsi, l’absence de douleur peut provoquer des lésions vaginales sévères, anales ou péniennes.

Apres avoir subrepticement versé l’une de ces drogues dans le verre de sa victime,l’agresseur n’a qu’a attendre entre 15 et 20 minutes l’apparition des premiers symptômes. Suivra une sorte d’état second qui durera de 12 à 48 heures et ne laissera aucun souvenir. Parfois,quelques flashes,sans plus.

Et chez nous, plusieurs femmes ont fait l’expérience de ce voyage au bout de l’enfer, à l’image de Hanane une jeune étudiante de 21ans qui nous relate son histoire avec la voix triste et le regard vide: (il était 14h30 en cette fin de mois d’avril, ma copine et moi sommes sorties en compagnie de son petit ami et un autre garçon qu’elle m’a présenté dans un salon de thé à Staouéli. On a commandé des jus et au moment où les commandes sont arrivées ma copine m’a invitée à quitter la table pour me demander mon avis sur le garçon qu’elle venait de me présenter, c’était le moment où les deux ont versé quelque chose dans mon verre. C’etait un scénario monté de toutes pièces par les trois car même ma copine que j’ai connue quatre mois auparavant était dans le coup. J’ai commencé à me sentir légère et je ne voyais que des ombres et soudain plus rien,le trou noir je me suis réveillée le lendemain dans une sorte de cave à l’intérieur d’une villa inhabitée, l’esprit confus, les muscles endoloris. J’avais mal partout, mon corps était couvert d’ecchymoses,de rougeurs et surtout de brûlures.

Traumatisée je suis allée voir un médecin qui me parla de la drogue de viol. Il m’a dit qu’il avait reçu plusieurs patientes, qui elles aussi ont été victimes du fameux GHB. Les analyses que j’ai passé pour le sida et le test de grossesse se sont avérées négatives à mon plus grand soulagement. Ce cas est un exemple parmi d’autres de jeunes filles victimes de viol pour avoir consommé à leur insu de la GHB qui les a conduits dans un voyage au bout de l’enfer.

La drogue du viol existe bel et bien. Son effet est tellement ravageur que la victime peut tomber dans un coma très profond et devenir ainsi une proie facile et (obéissante), cela ajouté au fait qu’elle est exposée à diverses maladies, notamment le sida. En somme, la vigilance est recommandée et surtout ne laissez jamais un verre sans surveillance.

Mourad Hammani

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