Plaidoyer pour les écoles primaires

Le thème qui s’est mué peu à peu en un excellent plaidoyer en faveur des écoles primaires pour lesquelles le conférencier, bien qu’il soit aujourd’hui à la retraite, n’a eu de cesse de réclamer des moyens et encore des moyens financiers, matériels et humains pour qu’elles soient à la hauteur des exigences de la société. Après un bref rappel de l’époque coloniale, du code de l’indigénat qui a marginalisé les Algériens en les cantonnant dans un cadre de sous-citoyens et qui a institué, pour les écoles primaires, deux programmes différents : l’un, pour les écoles urbaines, et qui présente quelques analogies avec celui appliqué en France métropolitaine, et, l’autre pour les écoles rurales. Celles-ci qui sont destinées surtout à donner des notions d’agriculture et d’arboriculture et des lycées franco-musulmans dont les élèves sont devenus des cadres importants de l’Algérie. L’orateur se place dans les premières années de l’Indépendance et évoque le choix qu’ont eu à opérer les responsables de l’éducation de l’époque, entre la démocratisation de l’enseignement et la qualité de l’enseignement. Si le choix effectué a permis la scolarisation du plus grand nombre d’élèves, il a aussi pour corollaire des classes à double vacation : des passages automatiques d’un niveau à un autre et des résultats scolaires catastrophiques que le pays a enregistré dans le passé encore récent. L’intervenant a également réservé une large part de sa conférence à l’ordonnance du 16 avril 1976 qui a instauré l’école fondamentale. A ce sujet, il a rappelé les différends qui ont divisé les responsables des années 80 en deux blocs : ceux qui militaient pour une arabisation totale et ceux qui préféraient asseoir d’abord un bilinguisme solide dans l’enseignement.

Aux termes de la conférence, il est revenu sur les écoles primaires qu’il faut, à ses yeux, avant les CEM et les lycées, doter de tous les moyens pédagogiques pour qu’elles puissent former des élèves qui pourront suivre facilement leurs études au CEM et au lycée. Dans son élan, il est allé plus loin en précisant qu’il y a lieu de privilégier la classe charnière qui est la classe de 1re année, car souligne-t-il, la qualité est à ce prix.

B. Mouhoub