La disparition de Nabila crée la psychose de l’enlèvement

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La disparition, voilà plus de quinze jours, de la petite Nabila, onze ans, a créé un climat de psychose au sein des familles.

Tout inconnu devient un ravisseur potentiel que les enfants doivent fuir. Les rumeurs persistantes quant à la soi-disant découverte du cadavre de la petite fille ont fait le tour de la commune et même au-delà.

Les amateurs de sensations fortes vont loin dans leur discours et racontent qu’elle aurait été trouvée dans une décharge publique, et de préciser qu’elle aurait été “amputée des reins, des yeux et autres organes dans le but précis d’un quelconque trafic d’organes”.

Pourtant, la réalité est tout autre. Nous avons à cet effet joint les parents de la disparue qui réfutent tous les racontars, ajoutant qu’ils sont sans nouvelles de leur fille, morte ou vivante, depuis le mercredi 6 février. “Jusqu’à maintenant (Vendredi matin), personne ne nous a informés d’un quelconque indice concernant Nabila. S’il y a des gens en possession d’informations sur le sujet qu’ils me les communiquent ou alors qu’ils n’en rajoutent pas à notre situation qui est déjà très pénible”, nous dit le père. Les choses ne sont malheureusement pas restées là. Le mystère, demeurant entier, a ébranlé les familles et traumatisé les petits qui n’osent plus s’aventurer, seuls, hors de chez eux.

Les parents redoublent de vigilance, à juste titre d’ailleurs, puisque chaque jour apporte son lot de “tentatives de kidnappings” auxquelles des enfants ont échappés de justesse.

Certains disent qu’à Aït Yahia des individus louches auraient “essayé d’attirer un enfant avec comme appât, un sachet de bonbons”, alors que d’autres racontent encore que “deux garçons ont échappé au rapt à Akkar”, quartier périphérique d’Aïn El Hammam. La dernière information, concerne le jeune J. scolarisé à l’école du centre et résidant cent mètres plus loin. Il est rentré chez lui, mardi dernier, livide et très perturbé. A ses proches il a raconté qu’il ne dut son salut qu’à la fuite, se faufilant entre les bâtiments “pour échapper à trois jeunes qui l’auraient poursuivi”. La peur des enlèvements a ainsi créé une tension telle que tout individu qui s’approcherait d’un enfant deviendrait un kidnappeur potentiel.

Tout devient alors possible et les risques de lynchage ne sont pas écartés. Rappelons que depuis dix sept jours personne n’a vu Nabila, sortie de chez elle ce jour-là pour faire des achats en ville.

Toutes les informations qui circulent quant à sa mort ou à des tentatives de kidnappings dont feraient l’objet d’autres enfants sont infondées. Leurs auteurs contribuent simplement à inquiéter les pères de familles qui, par prudence, privent de sortie leurs enfants.

Nacer B.

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