Draâ El Mizan, région dont les habitants se sont donné corps et âme pour délivrer le pays du joug colonial voit un à un ses monuments historiques se dégrader au fil du temps. A commencer par la stèle dite de la place du Premier Novembre (rond point au centre-ville en face de la pompe à essence). Ce mémorial dédié aux premiers « rebelles » s’il convient de les nommer ainsi qui se sont élevés contre l’ordre établi dans la nuit du Premier Novembre 1954 contre l’occupant. Les inscriptions qui couvraient cette stèle commémorative étaient écrites en langue (arabe, tamazight et française), cette stèle commémorative a été détruite par un camion en furie en mars de l’an dernier. Selon, le premier responsable de l’ONM locale, des démarches sont toujours en cours pour sa recontruction. « C’est un symbole historique à rétablir. Elle démontre l’engagement de ses hommes valeureux pour leur pays. C’est un repère pour toutes les générations. Un peuple sans histoire est un peuple mort », dit cet ancien moudjahid écœuré de voir cette situation perdurer. « Ah ! Si les martyrs savaient… », s’est-il exclamé. Une autre stèle du même type érigée au carrefour de la Cité de l’Indépendance et du stade Chahid Mohamed Boumghar s’effrite au fil des jours. Elle est en dégradation.
Notre interlocuteur n’a pas cessé de tirer la sonnette d’alarme au sujet du monument dédié aux martyrs de la guerre de Libération nationale situé dans le jardin à proximité du commissariat de police qui se trouve dans un état de délabrement avancé : clôture défoncée, lampadaires cassés, jet d’eau à l’arrêt, dallage moisi, sans citer tous les détritus qui jonchent les alentours. Ammi Ali, en sa qualité de responsable des Moudjahidine, nous a confié qu’une fiche technique a été établie pour prendre la réhabilitation de ce haut lieu. Enfin, nous ne pouvons pas omettre le monument en principe dédié aux cinq colonels : Krim Belkacem, Amar Ouamrane, Ali Mellah, Si Salah Zamoum et Slimane Dhilès « en vie » où les travaux n’en finissent pas bien que celui-ci ait été décidé en 1999 lors de la visite de l’ancien ministre des anciens Moudjahidine M. Saïd Abadou. Aujourd’hui, ceci est remplacé par une carcasse en béton et une esplanade toujours nue, à part quelques camions de graviers et de tuf déposés ici et là. Point de portraits en marbre de ces hommes qui ont fait l’histoire ni encore moins le musée et autres annexes prévus dans l’étude de 2000.
A. Mohamed
