Ce qui pourrait paraître au premier abord comme une avarie insignifiante revêt pourtant les contours caractéristiques d’une catastrophe sachant qu’en cet endroit exact, se situent le chevauchement des réseaux d’assainissement et de l’AEP alimentant plusieurs communes et le chef-lieu de daïra de M’chedallah. Bien plus grave, le réseau d’AEP a été réalisé en niveau inférieur par rapport à celui des égouts et cela sur plusieurs centaines de mètres. A chaque avarie, durant souvent des semaines, le fort courant du rejet de l’assainissement creuse et dénude un peu plus la conduite d’AEP qui se retrouve par endroits totalement à ciel ouvert. Un état de fait signalé à plusieurs reprises à travers les colonnes de la DDK, ce qui ne semble inquiéter nullement les élus locaux, ou l’administration chargée de la gestion du secteur. Lors de chaque parution d’un article de presse, “ils” se contentent d’envoyer une commission, qui ne fait que constater sans qu’une solution ne soit dégagée et cette situation persiste depuis plusieurs années. Il y a pourtant des risques réels, cet endroit doit faire l’objet d’un traitement urgent, l’unique solution pouvant mettre fin à cette situation serait le déplacement de l’un de ces réseaux (réalisés tous les deux il y a moins de 10 ans).
Les deux ouvrages ont-ils fait objet d’une étude ? Difficile de répondre… aucun bureau d’études au autre responsable technique n’aurait accepté d’autoriser la réalisation d’un réseau d’AEP en parallèle à celui de l’assainissement, surtout que la conduite de l’AEP est située sur la partie inférieure avec plusieurs chevauchements, à moins que… Les deux projets étant confiés à des opérateurs privés. Rappelons que lors de la pose de la tuyauterie des deux ouvrages et ayant constaté les faits relatés, le chef de brigade de la gendarmerie de Saharidj— de l’époque avait procédé à une prise de photos de l’un des points de chevauchement, photos qu’il a transmises à ses supérieurs accompagnées d’un rapport détaillé. Nous croyons savoir que le payement de l’entreprise réalisatrice du réseau et du collecteur des eaux usées a été bloqué, du moins pour un moment, suite au rapport de la gendarmerie.
Ce qui demeure incompréhensible, c’est que par la suite, l’ouvrage a été réceptionné tel quel. L’entreprise réalisatrice a plié bagages après avoir certainement perçu ses honoraires. Les eaux usées provenant de ce réseau se déversent directement sur la route goudronnée qu’elles dégradent à vue d’œil et cela, sans évoquer l’inévitable douche que prennent les véhicules empruntant cet itinéraire.
Omar Soualah
