Et d’ajouter : « J’ai fait le tour de toutes les huileries de la région. Il m’a été impossible de trouver cinq litres ». Effectivement, cette année ce produit est introuvable. Pour trois raisons : en premier lieu, ce manque est dû essentiellement à la récolte oléicole très insuffisante par rapport aux années précédentes ; en deuxième lieu, il y a aussi lieu d’ajouter ce nombre indéterminé d’oliveraies parties en fumée durant l’été en raison des multiples incendies qu’a connus la région ; et enfin, les quelques personnes qui ont récolté quelques hectolitres préfèrent assurer seulement leur autosuffisance, car la flambée des autres huiles industrielles fait déjà peur. En moins d’une semaine, le bidon d’huile de table est passé de 590 dinars à 800 dinars dans certains villages. Pour les oléiculteurs que nous avons pu approchés, il est temps de réfléchir à régénérer tous ces oliviers ravagés par les flammes et trouver aussi un moyen pour les aider à entretenir leurs champs d’oliviers. « Si l’Etat encourage le développement agricole sous ses autres formes, tels les palmiers dattiers, il n’en est pas de même pour le développement de l’agriculture de montagne basée essentiellement sur les oliviers. On peut vous octroyer une aide pour installer les cuvettes, mais le problème est l’absence de piste pouvant protéger les champs en cas d’incendies », nous a dit un citoyen de Tafoughalt. Avant de nous dire : « L’été dernier, il a fallu que tous les jeunes du village se portent volontaires en utilisant les moyens les plus rudimentaires pour lutter contre les flammes. Nous avons une seule piste, mais elle est impraticable. Pourtant, on a maintes fois fait des tracés pour l’ouverture d’autres pistes, en vain ».
Pour de nombreuses personnes, le prix de ce produit aux mille remèdes risque d’augmenter encore plus. « Une fois que les propriétaires auront écoulé la petite quantité stockée, il sera impossible de trouver un litre d’huile », estime ce revendeur. Si nous avons évoqué ce sujet, c’est pour dire aussi que la contrefaçon touche aussi ce produit. « Il y a des jeunes qui vous proposent le litre à trois cents dinars, mais, il faut savoir que le goût n’est pas le même », nous a signalé un habitué de l’huile d’olives. Pour ces revendeurs occasionnels, la contrefaçon n’existe pas.
« Déjà, le prix de l’huile de table est excessif. Comment voulez-vous qu’on réussisse à trafiquer ? » s’interroge ce jeune qui nous a assurés qu’il vendait ce produit au lieu de tenter une aventure en mer. Finalement, tout le monde s’interroge : « Où va le prix de l’huile, aussi bien pour celle de table que celle d’olive ».
Amar Ouramdane
