Depuis quatre années consécutives, la neige intervient en fin d’hiver, soit au début du printemps au lieu du mois de décembre et janvier, comme de coutume.
Ce décalage est prévu par les spécialistes en la matière qui ont marqué la fin du cycle sec en 2004 et le début du cycle humide qui s’étalerait sur les 36 années à venir, prévision qui se réalise par d’abondantes chutes de neige comme celle de mercredi et qui ont fait revêtir à la nature son manteau de blancheur éclatante, au grand bonheur des enfants et des agriculteurs.
En Kabylie, la neige est synonyme d’abondance en matière de rendement des récoltes, de même qu’elle renfloue les nappes phréatiques, éloignant définitivement le spectre de la sécheresse. Malheureusement, cela n’est pas sans conséquences néfastes sur l’arboriculture.
L’éclosion a d’ores et déjà commencé sous l’effet des températures élevées depuis plus de deux semaines : tous les arbres fleuris perdent les bourgeons qui sont les futurs fruits, la production à venir est fortement compromise.
Fait remarqué cette année : l’absence des fortes bourrasques de vent qui accompagnaient d’habitude les tempêtes de neige.
Les chutes étaient enveloppées d’un calme et d’un silence sidéral. L’autre fait nouveau est la brume dense qui a réduit la visibilité durant la nuit de mercredi à jeudi, produisant un décor digne d’un film d’Alfred Hitchcok. Les quelques lampadaires allumés formant de minuscules points lumineux blafards semblent lointains.
La ville de Saharidj était fantomatique, plongée dans un silence total, les meutes de chiens errants qui font d’habitude un boucan infernal dès la nuit tombée se sont tues. La circulation complètement arrêtée, c’était une nuit impressionnante. Autre fait étrange : aussi incroyable que cela parait, c’était une nuit tiède. Le froid n’était pas ce qu’il devait être. On ne sentait pas ses morsures habituelles en pareilles circonstances.
Un fait qui n’est pas passé inaperçu : tout le monde en parlait. Ceux qui tireront un profit indéniable de cette neige sont sans conteste les éleveurs bovins et ovins : la reprise des pâturages sera fulgurante, l’abondance des fourrages est garantie, ce qui influerait sensiblement et propulserait la hausse des prix des bêtes dont le coût a chuté au plus bas en raison de la longue sécheresse qui a sévi durant les mois de décembre et janvier.
Omar S.
