Une exposition, regroupant les œuvres de seize femmes artistes peintres algériennes et espagnoles, sous le thème « Le patchwork, un art à découvrir », s’est ouverte samedi après-midi au Centre des arts et de la culture du palais des Raïs (bastion 23) d’Alger, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la femme. Cet étalage d’œuvres se tiendra jusqu’au 13 du mois en cours. Les œuvres exposées sont réalisées par un groupe de femmes algériennes et étrangères, sous la gérance de Salima Bouaouina. À propos de l’exposition et pour bien définir les étalages de ces artistes qui ont bien voulu faire découvrir au grand public cet art ancien mais nouveau pour les visiteurs qui ne le connaissent pas, la gérante a voulu donner un bref aperçu sur les origines de cet art « le patchwork est une forme d’art consistant à réaliser des ouvrages constitués par l’assemblage de morceaux de tissus de tailles, formes et couleurs différentes ». A t-elle expliqué, tout en ajoutant « la réalisation du patchwork avait d’abord un but pratique de réutilisation de bouts de tissus divers issus de découpes nécessaires pour d’autres travaux ».
Le patchwork, trouve ses origines dans les premiers siècles des lointaines civilisations en Egypte, en Inde, et d’autres pays d’Orient. Par la suite et vu les voyages de découverte que faisaient les Européens dans ces pays, cette technique a été rapportée en Europe par les croisés. Par conséquence, elle se développera aux Etats-Unis à l’occasion de la forte immigration britannique.
Le jeu, l’invention, l’application et la créativité sont les ferments de cet art. Aujourd’hui des milliers de femmes à travers le monde, se passionnent pour cette technique qu’elles adaptent à leur époque, créant des œuvres originales. A leur instar, l’Algérienne est en train de redonner un souffle nouveau à cet art (au sein d’ateliers et de clubs…) où leur talent artistique peut s’épanouir. Héritage ancestral, « le patchwork » actuel n’est que le lointain « cousin » du « b’sattou, ferrachia… » que confectionnaient nos mères. Travaillant avec une totale abnégation, elles ont su faire preuve d’imagination et de créativité, comparée au peu de moyens dont elles disposaient à l’époque.
L’objectif de cette exposition consiste à donner un renouvellement à cet art qui a pris un peu de recul ces dernières années comparativement au passé où il existait aux quatre coins du pays. Citant à titre d’exemple les régions berbères où le métier de la tapisserie était un gagne-pain et une fonction pour les femmes, chose bien plus rare actuellement. Par le biais de ces femmes qui veulent introduire et renouveler cet art, le citoyen peut avoir une meilleure idée sur cet art qui fait partie de nos traditions, en faisant une visite aux alentours des œuvres présentées au sein du bastion 23 d’Alger.
Enfin, il est à noter, que le « patchwork » est reconnu par le monde de la critique et les collectionneurs d’aujourd’hui, en tant qu’art contemporain en pleine évolution.
Kafia Aït Allouache
