On citera la cité de Tazrout, celle de Boufhaïma, la cité de l’Indépendance ainsi que la cité dite du marché dont il reste quelques habitations non encore démolies. Mais au cours de notre passage, il nous a été donné aussi de voir la cité de Maâmar située sur la RN 25 en allant vers Tizi Ouzou, à quelque sept kilomètres de la ville de Draâ El Mizan.
« Je me souviens comme si cela datait d’hier de notre départ définitif de ces gourbis qui surplombaient cette cité. Nous étions très contents d’occuper ces habitations », nous a dit une vieille dont l’âge avoisinait quatre-vingts ans. Effectivement, au lendemain de l’indépendance, ces familles recasées dans des masures en roseaux ont bénéficié d’une chambre, d’une cuisine et de toilettes, le tout construit en urgence, sans les normes requises avec du parpaing. Quarante six ans après l’Indépendance, rien n’a changé au niveau de cette cité n’étaient peut-être le raccordement de l’électricité et de l’eau.
Quant à la promiscuité, elle poursuit toujours ces familles, lesquelles sont devenues au fil des ans très nombreuses.
« On habite à douze personnes dans deux chambres et une troisième que nous avons construite dans la petite cour », nous a déclaré un citoyen de cette cité. Une seule famille s’est multipliée par deux, voire trois. Depuis le séisme de 2003, les fissures sont apparentes de loin. « Depuis près d’une dizaine d’années, on nous parle de la restructuration de cette cité », nous a expliqué un autre habitant. « Ce ne sont que des propositions. Tous les devis qui nous ont été exposés ne nous conviennent pas. Je ne sais comment faire pour financer plus des trois quarts du logement.
Cette option est pour les riches. Si j’avais cette somme, j’achèterais un logement en ville », nous a confié un citoyen ayant été porté sur une liste de logements sociaux, puis écarté. Le problème de la résorption de ce type d’habitat est plus que compliqué parce que les occupants n’ont pas de moyens afin de contribuer avec les apports personnels.
Alors, ils suggèrent que cette cité soit transformée en logements sociaux locatifs. En définitive, ces citoyens vivent dans des conditions misérables : promiscuité, infiltrations d’eau de partout, manque d’espace…
Amar Ouramdane
