Alger répond à Paris : hôte d’honneur la Palestine

« L’écriture et les époques : esthétique ou engagement » est le thème générique choisi pour cette édition, qui a retenu la Palestine comme hôte d’honneur. Ce rendez-vous littéraire est devenu traditionnel, chaque année, afin de promouvoir le livre et la lecture, et faire connaître les éditions algériennes. Cette édition est marquée principalement par le pavillon consacré à la Palestine, ainsi que le taux de participation des éditeurs algériens, en hausse, comparativement à l’année précédente : il atteint 70 cette année. Certaines exigences concernent le livre pour cette édition :  » On a exigé cette année, que le livre exposé soit récent, c’est-à-dire de trois ans  » a déclaré le directeur de la Bibliothèque nationale, Amin Zaoui, tout en ajoutant : « Cette édition est aussi marquée par l’initiative syndicale des éditeurs algériens et la Bibliothèque nationale qui ont boycotté le Salon international du livre à Paris, qui a eu pour invité d’honneur Israël,coïncidant, avec la célébration du 160e anniversaire de la création de l’Etat hébreu ». Donnant plus d’explications sur le choix de la date de l’organisation de ce salon qui coïncide avec celui de Paris, le premier responsable de la Bibliothèque nationale, a souligné ceci : « Nous avons voulu que ce rendez-vous coïncide avec Le Salon international du livre de Paris, tout d’abord pour faire passer le message que le livre est un moyen de paix, et que les intellectuels et les artistes sont les soldats de cette paix. En second lieu, si nous avons invité la Palestine en tant que hôte d’honneur, ce n’est point pour riposter, mais seulement un message aux amis de ce pays car nous sommes convaincus que la cause palestinienne est une cause internationale et humaine. Pour cela nous lui avons offert un grand stand intitulé « Palestine : terre et culture » avec une exposition sur la résistance palestinienne et sur le parcours tragique de ce peuple, en passant par la célébration du 60e anniversaire de la « Nekba » de 1948″.

Comme chaque année, le Salon national du livre, en marge de l’exposition des différents livres, comporte un riche programme d’activités et de rencontres littéraires : des projections de films, des conférences comme celle qui a pour thème « Le monde arabe et ses crises, une lecture engagée », des ventes- dédicaces, une journée d’étude animée par les professionnels du livre – elle est placée, cette année, sous le thème « L’édition des livres et les médias en Algérie : vers un partenariat culturel ». Dans cet atelier de réflexion et de travail, des éditeurs se pencheront sur l’élaboration d’une stratégie de coopération avec leurs partenaires immédiats, en l’occurrence les journalistes culturels de la presse écrite, de la Radio et de la Télévision. Le directeur de la bibliothèque a fait savoir que « les pionniers de l’édition seront distingués pour leurs efforts dans le développement de la lecture », S’exprimant sur les livres exposés, et qui sont au nombre de 3 000 titres, Amin Zaoui a indiqué que « la bibliothèque s’emploiera à acheter tous les livres exposés dans ce salon qui ne sont pas disponibles à son niveau pour les mettre dans l’espace Mohamed-Bencheneb », dont l’inauguration est, selon l’orateur, prévue prochainement. « Cet espace sera consacré à la production culturelle, notamment littéraire algérienne depuis 1962. Ainsi, la bibliothèque a pu constituer un fonds livresque estimé à 30 000 livres dans divers domaines (culture, littérature, général, et le livre pour enfant) ». Il est en outre à relever que cette édition est ouverte notamment aux jeunes talents en quête d’éditeurs et d’information pouvant les propulser sur le devant de la scène littéraire.

Une surprise attend également le public qui se rendra au salon : des réductions conséquentes se feront systématiquement sur la plupart des produits proposés à cette occasion. Il est à souligner également que cette édition, se tenant à la même période que le Salon international du livre de Paris— lequel a été boycotté massivement par les éditeurs algériens ainsi que leurs homologues arabes—se tient du 14 au 19 mars.

Enfin il est à noter, que le but primordial visé par ce salon reste le « lecteur » en plus de faire le bilan des activités de 2007- d’autant qu’elle a été l’année de la culture- pour évaluer les parties positives et bien sûr négatives de cette expérience ».

Kafia Aït Allouache