Des Canaris en jaune pâle

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De nos envoyés spéciaux à Tlemcen, Ferhat Zafane et Yacine Imadalou

Durant presque la totalité de cette rencontre explosive (pétards aidant), les poulains du coach Bouali, excités comme pas possible, ont littéralement dominé leurs vis-à-vis en s’imposant avec l’art et la manière devant des Canaris, certainement obnubilés par la sortie ratée de leur poursuivant direct, l’ESS, face au CRB. Du moins si on devait se référer aux déclarations du boss Moh-Cherif Hannachi lequel, lui, en a fait un inhibiteur majeur pour justifier la défaite de ses joueurs en ce jour.

Quant à la rencontre proprement dite, il faut souligner, outre la mauvaise prestation des Kabyles et leur febrilité devant les buts de Gaouaoui, l’extraordinaire engagement des locaux à engranger les trois points de la victoire car, faut-il le souligner, leur importance a pour signification le maintien en Division une à six journées du baisser de rideau de l’édition en cours. Si durant le premier quart d’heure de jeu, on a pu voir des tentatives de part et d’autres de créer le danger, force était de reconnaitre que les Tlemcéniens n’avaient nourri aucun complexe à croiser le fer avec le leader du championnat sur cette pelouse du stade des Trois Frères Zerga qui s’est avéré trop exigu pour contenir une foule en délire. En face, les Kabyles, soutenus par une poignée de supporters venus a-t-on appris d’Oran, ont essayé d’honorer le prestige, qui est le leur, sans réussir à s’imposer. Ils se contentaient d’éloigner le danger provoqué par les Boudjakdji, Deghiche et Djallit. Et c’était déjà important et opportun. Sans quoi, le score aurait été bien plus lourd. A la 23 ‘ déjà, Chaouchi a eu des sueurs froides lorsque le tir de Djallit a buté sur la transversale. Provoquant ainsi le délire dans les gradins et la panique chez les Canaris. Le jeu s’intensifie et la sportivité n’était qu’un vain mot. Pour exemple, à la 30’, le premier à faire les frais de ce revirement de situation fut Abdesselam. En sa qualité de capitaine et de meneur de jeu des Canaris, on a peut-être estimé que sa « mise à l’écart « pouvait faire tourner le cours du match à l’avantage des Tlemcéniens. Histoire de mettre tous les atouts du côté des locaux, eux qui qui n’avaient pas le droit de perdre. Mais, avaient-ils besoin de cet anti-jeu pour gagner alors qu’ils avaient plus de volonté de le faire et surtout davantage de moyens pour sortir victorieux ? Oui, si l’on devait se mettre dans cette position de lanterne rouge face au leader du championnat qui caracolait en tête du classement.

En tout état de cause, la première partie de cette rencontre à risques est à mettre à l’actif des descendants des Zianides qui ont affiché plus de volonté et pratiqué un football de haute facture. De retour de la pause- citron et devant des supporters échaudés par l’inhabituelle prestation des leurs, le jeu reprit avec toutefois de l’électricité dans l’air. Coulibaly, connu pour sa reserve et son jeu propre a eu une altercation avec Boudjakdji, à la 54 ‘, provoquant un attroupement sans pareil sur le terrain. Les nerfs à fleur de peau, les Canaris qui n’arrivaient pas à asseoir un shéma tactique à même de leur permettre d’inquiéter Gaouaoui, ont versé dans le tac au tac.

Coup sur coup, les agressions se multipliaient donnant ainsi du fil à retordre au référée Maiza qui a dû faire usage de manière excessive de son sifflet pour se faire respecter.

Sur la main-courante, Saib, assisté de Mourad Amara, décide de donner un nouveau souffle à son équipe en incorporant Derrag à la place de Saibi et Athmani pour remplacer Wassiou. Mais c’était compter sans la détermination des Tlemcéniens à ne pas laisser échapper cette occasion en or d’éviter le purgatoire. Et plus les minutes s’égrénaient, plus les Canaris s’emmêlaient les pinceaux. Les ratages étaient si courants qu’on entendait de loin Chaouchi proférer des « amabilités » à ses camarades qui avaient du mal, vraiment du mal à réussir à créer le danger dans le camp de Gaouaoui, qui lui aussi, pour les raisons que tout le monde connait, était décidé à sortir le grand jeu ce jour-là. Et pour cause!

Ainsi, les Bleu et Blanc, encouragés par une galerie totalement acquise à sa cause et contraints d’empocher les points du match, ont réussi à tromper la vigilance du gardien Chaouchi, à la 34′, sur une action de Boudjakdji qui place le cuir sur la tête de Deghiche, lequel n’eut aucune peine à accompagner la ballon au fond des filets, inscrivant ainsi le premier but de la partie et l’unique du match qui a permis aux Tlemcéniens de rêver au maintien. Une rélisation qui a permis aux supporters de croire que tout n’était pas fini pour leur équipe qui, faut-il le reconnaitre, a affiché en ce jeudi de réelles prédispositions à jouer les premiers rôles dans cette division de l’élitée.

Ferhat Zafane

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