Djahdou Mohamed, directeur général de la comptabilité au ministère des Finances, répondait hier, aux ondes de la Chaîne III aux questions relatives au nouveau Plan comptable national.
Ce nouveau plan comptable et financier va mettre l’Algérie sur les normes internationales à savoir, le système « International Financial Reporting Standards »
L’orateur met l’accent sur la nécessité de cette nouvelle loi, compte tenu de son apport et de sa participation active à l’économie nationale, il dira à ce propos » beaucoup de choses ont évolué depuis l’adoption du dernier plan, notamment sur le plan économique où l’Algérie est en voie de libéralisation de son marché ».
Le nouveau système comptable promulgué le 25 novembre 2007 portant référence 07/11, porte en lui des objectifs très importants pour notre pays, il sert à rapprocher notre comptabilité de la norme mondiale à la faveur des normes IFRS. Il y a 110 pays à savoir adopté la norme IFRS, en plus ce système vient pour donner l’information aux différents utilisateurs, ce qui n’était pas le cas auparavant, ces informations sont destinées aux gestionnaires des entreprises, aux investisseurs, aux créanciers et autres acteurs du secteur économique. Il donne une bonne lisibilité des comptes de l’entreprise. Des données utiles pour les investisseurs étrangers ainsi que les partenaires économiques, il sont utiles dans la mesure où ils peuvent comparer, et avoir une lisibilité fiable sur la situation de l’entreprise, chose qui n’existait pas avant.
S’agissant de la performance de l’entreprise à travers ce système, M. Djahdou est plus que convaincu,il dira » dans la mesure où il permet de mieux lire et comprendre les comptes de l’entreprise, de mieux mesurer sa situation comptable et financière, chose que les responsables, les partenaires, et les comptables recherchent ».
Sur les carences qui existent sur le plan comptable de 1975 et qui freinent l’investissement étranger, M. Djahdou, rétorque qu’il a fallu rénover notre système comptable pour palier les insuffisances de l’ancien plan. Le directeur général énumère quelques raisons qui ont poussé l’Etat à prendre de telles mesures. D’abord, le décalage qu’il y avait entre notre plan et la norme internationale, le système algérien ne prenait pas en charge le volet information qui est pertinent pour les investisseurs potentiels des différents utilisateurs, la non-existence d’un cadre conceptuel explicite qui permet de définir les principes et les objectifs sur lesquels se basent les règles de comptabilités dans l’établissement des états financiers, il y a un manque de classification, une absence de normalisation dans beaucoup de domaine. En plus des secteurs qui sont apparu après 1975, notamment en ce qui concerne l’acquisition des biens en crédit bail, des contrats à long terme et les subventions publiques, tout ce tas de choses ne figurait pas dans l’ancien système.
Le directeur général, revient sur les retards cumulés, il déclare » c’est vrai, on cumule un retard mais les avancements du nouveau plan vont hisser l’Algérie au plan international ».
Ce système est basé sur un socle conceptuel et les principes adaptés à l’économie mondiale, qui permet de produire des informations fiables, détaillées, et qui reflète de manière fidèle la situation économique en Algérie. L’autre avancée est l’annonce d’une manière plus explicite, des principes et des règles qui vont guider l’enrichissement des transactions, l’évaluation et l’établissement des états financiers.
Concernant le contenu de ce plan le directeur général, avance que » le nouveau Plan comptable est plus simplifié même pour les petites entreprises ». Il ajoute aussi que par le passé les entreprises étrangères étaient obligées de retraiter leur comptabilité pour être d’aplomb avec notre système, alors qu’avec ce nouveau plan les étrangers vont s’acclimater facilement eu égard à l’universalité du nouveau Plan comptable et financier.
Le Plan comptable sera opérationnel en janvier 2009, pour ce faire la direction comptabilité du ministère des Finances a pris des mesures d’accompagnement pour la mise en œuvre et l’application de cette loi. M. Mohamed Djahdou annonce » on a commencé à nous préparer de 2002 à 2005, et cela par la mise en place et l’organisation de plusieurs séminaires et journées d’études, ainsi que par la formation des formateurs sur ce système ». Pour les décrets d’application, il faut attendre que la loi soit publiée et que les ministères concernés donnent leurs avis dans le détail de ces textes, ensuite la loi sera envoyée au secrétariat pour être signée par le chef du Gouvernement. Parce que les arrêtés vont viser les décrets d’application.
Lounis Melbouci
