La filière avicole a du plomb dans l’aile. Au train où vont les choses, les exploitants – de petits éleveurs pour la majorité – filent droit dans le mur. Et pour cause, les charges d’exploitation montent, montent et le prix du poulet sur les étals emprunte la même ascension folle : pas moins de 300 dinars le kilo ces derniers jours à Akbou. Accusés de vouloirs’enrichir sur le dos du consommateurs, certains commerçants s’en lavent les mains. Un détaillant d’Arafou jure par tous les saints que ses marges bénéficiaires sont restées inchangées. Pour lui, l’équation est toute simple : « On vend cher, parce qu’on achète cher » se justifie-t-il, une assertion confirmée du reste par Omar I, éleveur de volaille établi à Allaghan : « L’engraissement d’une série de poussins, tous frais confondus, revient à près de 4 millions de centimes. Même avec un taux de mortalité acceptable de 8 %, il faut vendre au moins 250 dinars le kilo pour rentrer dans ses frais et rentabiliser son investissement », soutient-il. Dans la région d’Akbou où il est recensé, selon la subdivision de l’agriculture, 124 éleveurs de poulet de chair, la complainte est déclinée sur tous les tons. « Le quintal d’aliment pour volaille a enregistré une hausse de plus de 700 DA en deux mois. Ajoutez à cela, les vaccins, les frais du vétérinaire, les charges fiscales et faites vos comptes », se plaint Madjid A. exploitant à Akbou. Même son de cloche chez Nacer R., éleveur à Ouzellaguen : « Nous n’avons pas les moyens de faire face à la flambée de l’aliment sur le marché. Si l’Etat ne fait rien pour réduire les coûts de production en baissant les taxes, c’est toute la filière avicole qui risque de disparaître et, avec elle, des milliers d’emplois », avertit-il. Dans la région d’Akbou, nous a-t-on rapporté, nombre de petits éleveurs ont déjà mis fin à leur activité. La crise a fait ses premières victimes parmi les plus vulnérables. Les téméraires qui ont réussi à survivre, n’en filent par moins du mauvais coton, en caressant l’espoir que l’Etat vole à leur secours.
Nacer Maouche
