Hommage à Habtiche Hemza

La communauté universitaire s’est donné grand rendez-vous, dimanche dernier, autour d’une cérémonie donnée en hommage au défunt Habtiche Hemza, à l’initiative d’un collectif d’étudiants. Associations, étudiants, sportifs, artistes et enseignants sont venus répondre du même sentiment comme par un seul homme, le regret d’avoir perdu un jeune qui de part sa qualité d’étudiant fut pour chacun confident, ami ou frère dont la mort était à peine surmontable si ce n’était cette immortalité dans le souvenir qui a bien su imprégner de son vivant le défunt dans la mémoire de chacun des personnes qui l’ont connu. «Permets-nous camarade d’études, d’engagement et de luttes de te dire que rien ne sera plus comme avant ça. Le vide que tu viens de nous laisser est immense. Tu ne nous as pas laissé le temps de te remercier pour tous ce que tu as fait de bien pour tes amis (es) étudiants (es) des années durant. Tu as fait du syndicalisme avec beaucoup d’enthousiasme, tu as pu t’enraciner dans l’action et le concret avec le réel…» lit-on dans «Lettre à un ami» intitulé de l’article consacré à la mémoire du défunt dans le dernier numéro du «Campus News», gazette universitaire. Natif d’Akbou, âgé de 24 ans avant de quitter la vie suite à un tragique accident de circulation survenu le 20 du mois passé, Hemza fut un étudiant en 5e année électrotechnique, ayant fini son stage pratique à quelques jours de la soutenance. Digne et soucieux, humaniste et ambitieux, engagé et audacieux, celui-ci a choisi, bien qu’il ne fut qu’à fleur d’âge, de porter le bâton des grands pèlerins, afin d’inscrire sur chaque parcelle de terre qui l’avait porté l’hymne de la liberté, la promesse du droit et l’espoir du bon changement. Que n’a-t-il pas fait dans la vision et le but de contribuer à développer l’espace où il fut ? Du temps… il n’en avait pas assez tellement la vie se confond avec la lutte et le savoir, sinon comment expliquer ce qu’il fut à la fois : membre du club scientifique au sein duquel il présidait la section «Automatique et robotique», président de la section volleyball au niveau de la RUTO, adhérent de l’association «Les amis de la culture», membre du comité de cité 2003/2004, et un étudiant en fin de cycle ce qui l’oblige, sans d’autres recours, à être à cheval sur le temps qu’il faut consacrer pour la recherche. Le père du défunt, accompagné de sa petite famille, y a fait preuve d’un courage sans équivaut. «Prenez-soin de vous, ne vous laissez pas emporter par les coups de tête (…) vous êtes des jeunes étudiants. On a besoin de vous (…) mon fils n’en est pas pour autant mort, car je le vois encore, il existe dans chacun de vous…», a-t-il si bien dit aux d’étudiants avant des les remercier au long de la parole d’ouverture de la cérémonie. Cependant, les étudiants ont exprimé leur souhait de voir l’université A. Mira attribuer à la famille du défunt le diplôme qu’allait à peine obtenir leur fils. En l’occurrence, M. Mira secrétaire général de l’université A. Mira a expliqué que «là il s’agit d’attribuer un diplôme à titre posthume ; une demande tout à fait légale dont le dossier sera prochainement traité».

K. N.