Retombées néfastes sur l’environnement

La première tranche M’chedallah-Saharidj a la vie coûté de centaines de pins noirs déracinés des deux côtés de la route, lors des travaux d’élargissement. L’épaisse couche de goudron de l’ancienne route a été décapée sur ce premier tronçon de 7 km et poussée sur le bas-côté où elle attend l’arrivée des grandes chaleurs pour fondre et se répandre à travers la végétation et causer un véritable désastre écologique.

Sur un autre volet, le talus haut de plus de 60 mètres, par endroits, commence à enregistrer des glissements de terrain, des pans entiers de ce talus se détachent et ensevelissent les fossés du côté supérieur et cela suite aux chutes de pluie et de neige.

Aucune technique ne peut permettre d’arrêter ces éboulements qui vont s’aggraver avec le temps. Une seule solution peut diminuer ce mouvement, c’est le reboisement, en urgence, de cet accotement dénudé accompagné d’un nettoyage permanent des fossés complètement obstrués.

Cela est le constat premier des retombées négatives causées par cette première tranche ; les choses deviennent encore plus sérieuses avec le démarrage des travaux de la seconde tranche Saharidj-Tizi n’Koulal sur une distance de 17 km, ce deuxième tronçon traverse en plein milieu le Parc national du Djurdjura de part en part dans le sens sud-nord.

D’ores et déjà, une première source située à 1 km environ de la sortie nord du village Ath Hamad est complétement ensevelie rayée, sans aucun état d’âme, de la surface de la terre, quelque 500 mètres plus loin, c’est un ouvrage, plus que centenaire, qui risque d’être détruit, en effet le pont situé au lieu dit « Ighzer Ouhaddad » réalisé en pierre taillée en forme d’arc, un vrai chef d’œuvre risque de connaître le même sort que la source précitée, de même que la belle cascade située sur la partie supérieure de cet ouvrage et qui complète ce tableau d’une rare beauté. L’eau de cette cascade arrive sous le pont en fine pluie et de nombreux citoyens viennent prendre une « douche naturelle. Aucun touriste ne peut découvrir cet endroit sans y prendre une photo souvenir. On trouve sur ces lieux des espèces animales et végétales uniques à l’échelle africaine, voire même à l’échelle mondiale tel le cèdre noir plusieurs fois centenaire, et les derniers spécimens de l’aigle royal.

Un tunnel de quelque 70 mètres datant de l’ère ottomane réalisé par les Turcs et plusieurs sources telles El Ansar Gendaouen (source des singe) dont les alentours sont peuplés de singes magot d’ou elle tire son nom, El Ansar Nikechrine, celle d’Agouni n’Bouzid et El Ansar Amelal où viennent se désaltérer animaux sauvages et cheptel bovin, toutes ces merveilles risquent de trépasser sous les chenilles des gros engins des travaux publics.

Le Parc national du Djurdjura risque de subir le même sort que celui d’El Kala. Reste à voir la réaction des gestionnaires de ce parc, classé patrimoine universel en raison d’abord de la rareté de ses faune et flore et ensuite son panorama paradisiaque d’une rare beauté introuvable ailleurs.

Certes, cette route qu’attendent impatiemment les citoyens des deux versants du majestueux Djurdjura (Lala Khedidja) en raison de son apport considérable en matière économique peut être facilement réalisée sans porter une sérieuse atteinte à l’environnement, pour peu que les responsables du parc se mobilisent et « ne laissent pas faire n’importe quoi ». Ceux chargé de la réalisation de ce projet lesquels n’hésitent pas selon « toute logique » à emprunter « le chemin le plus facile », un chemin truffé de vestiges anciens tel ce tunnel réalisé en flanc de montagne d’une longueur de 70 mètres, tunnel réalisé en virage à 80% taillé dans la roche au « burin et au marteau » est qui est à lui seul une page d’histoire de la région au même titre que le pont précité.

Omar Soualah