Yohan Yuva Amichi est l’un des nombreux jeunes Algériens nés outre-mer. C’est un sportif prometteur et un footballeur doué. Il était là, au stade de France le jour du fameux France – Algérie. Il était accompagnateur des Verts ce jour-là. Il a passé toute la journée avec l’équipe. C’est d’ailleurs son meilleur souvenir, jusque-là. Il vit avec ses parents, là-bas. Son univers à lui c’est la France. Il s’y retrouve. Normal, c’est là-bas qu’il a vu les premières lumières du jour.
Mais il sait déjà tout de ses origines. Il n’a que quatorze ans mais, cela fait longtemps qu’il a appris à respirer kabyle… A la Kabylie, à Djemâa Saharidj (Mekla) d’où son paternel est parti, il tient beaucoup. Il en a fait d’ailleurs un rituel d’y revenir chaque été… « C’est bizarre mais c’est là-bas, dans les petites maisons de mes grands-parents que je me sens le plus chez moi… ». Voilà, tout est dit, ou presque. En tous les cas, ça explique un peu son ambition de jouer un jour pour l’équipe d’Algérie de football. Pour le moment il nous dira, « je me forge, et j’essaye de faire aussi bien que mes idoles. Ce n’est pas facile mais j’y travaille, je me consacre. Pour y arriver, il faut bien réussir son apprentissage ». Tout est de lui. Yohan a déjà acquis la maturité qui lui permet de garder les pieds sur terre.
Il n’aime pas trop parler de lui. C’est à peine qu’il consent à dire un peu plus que son nom. Il joue au club de Drancy engagé dans la division honneur de France (championnat fédéral des 14 ans). Son club est en sixième position à 2 points du quatrième, derrière Lille, leader, Lens, et Valencienne, troisième. Il a commencé à jouer au foot très jeune à peine quatre ans. « Il a fait du chemin », dit-on de lui à son club où il passe pour une pièce maîtresse. Grâce à sa morphologie, un petit gaillard pour son âge, il passe pour une tour de contrôle au milieu de terrain qu’il a appris à contrôler. « Il a un bon jeu de la tête, et des pieds. C’est un petit Hemdani ». Yohan avoue qu’il a aussi beaucoup d’admiration pour Zidane, Robinho, et Moussa Saïb en son temps. Ses équipes préférées : Auxerre en France, et l’inévitable JSK, en Algérie. Y jouer un jour ? «Pourquoi pas ! » répond-il. L’équipe nationale algérienne. C’est comme s’il était déjà passé à côté lors de cet historique France – Algérie mais y être pour de vrai, ça reste un rêve qu’il nourrit. Pour le réaliser ; il sait qu’il ne faut surtout pas dormir…
Amel C.
