Leur cri de détresse n’a eu aucun écho depuis maintenant un quart de siècle. Cette cité où ont été recasées une quarantaine de familles en 1983 après un transit dans des tentes vivent dans des conditions lamentables.
En effet dans une virée sur les lieux, ces citoyens nous ont suppliés de souligner cette misère. “Ah ! Si je savais que je me retrouverais aujourd’hui dans cette situation j’aurais choisi de périr en même temps que les pelleteuses détruisaient nos baraques… C’est une vie de chien que nous menons ici. Et pourtant, le président de la République l’a répété dans tous ces périples dans le pays qu’il ne voudrait plus voir de tels cas”, nous a dit un sexagénaire vivant dans deux pièces avec ses enfants mariés. Le cas de ce bidonville est important à souligner. Au début dans l’urgence, les autorités d’alors ont fait dans l’urgence et ont recasé les familles dans des cellules en parpaings sans armatures et avec des toitures de plaques amiantées, et au fil du temps, les quarante familles se sont multipliées par trois, voire quatre. Aujourd’hui et en raison du plus grand nombre d’habitants, on ne peut plus distinguer les anciennes habitations de fortune des nouvelles quand on apprend que les extensions ont fait qu’il ne reste plus de place. Certes, ces familles gardent toujours l’espoir de voir leur cité restructurée, mais au rythme où vont les choses, ce n’est pour eux que de l’utopie. Car, déjà Tizi Ghennif le programme de l’éradication des cités coloniales n’a pas encore vu le jour. Celle dite de la gendarmerie reste un exemple. Cela fait maintenant quatre ans qu’elle a été détruite, mais elle n’est pas encore restructurée si bien que les familles délocalisées sont toujours hébergées dans les anciens locaux de l’ex-Caps dans des conditions misérables alors que les autres cités ne sont pas au programme. Les occupants de ces cités-bidonvilles étant des démunis et des chômeurs ne peuvent pas adhérer au programme de restructuration où une participation financière qui dépasse de loin leurs moyens leur est exigée. Ainsi, les habitants de la cité de Adila interpellent par le biais de notre journal, les hautes autorités du pays à se pencher sur leur situation car ils disent que les autres autorités du pays sont toutes informées.
“Nous sollicitons le président de la République en personne de regarder vers nous. Car la réussite de son programme dépend de la prise en charge des problèmes des couches des plus défavorisées. Monsieur le Président ! Nous sommes les damnés de cette terre arrosée du sang d’un million et demi de martyrs”, tel est le cri de détresse lancé par tous les citoyens du bidonville de Adila sur la RN68 reliant Tizi Ghennif aux Issers connue sous le nom de la route d’Alger.
Amar Ouramdane
