Afin d’assurer la disponibilité des besoins des populations pour les années futures, une véritable politique de mobilisation et de gestion de l’eau s’impose par la protection des nappes phréatiques et superficielles, leurs utilisations rationnelles, la lutte contre le gaspillage, le renouvellement des réseaux d’AEP défectueux qui sont à l’origine des déperditions importantes, seules garanties à même de faire face à une consommation toujours croissante, aussi bien pour la consommation humaine, que pour l’agriculture, enfin pour la vie végétale et animale qui fait partie intégrale de l’environnement. De tels défis supposent néanmoins des efforts en direction du secteur, qui nécessite des investissements nouveaux tendant à moderniser les équipements d’exploitation de la ressource hydrique, la rénovation des réseaux et conduites d’AEP vétustes qui constituent une autre forme de gaspillage, la maintenance des équipements hydrauliques, enfin des moyens matériels adéquats à même de prendre en charge la remise en état des défectuosités lesquelles engendrent le plus souvent des coupures d’alimentation en eau potable et enfin réunir les conditions qui permettent de répondre à la satisfaction des besoins à court moyen et long termes des populations à démographie galopante et du développement socio-économique que connaît la commune. Certes un grand nombre de projets d’alimentation en eau potable a été réalisé en ce qui concerne la commune de Kherrata au titre des PCD et sectoriels mais ils demeurent insuffisants. Cet élan doit se poursuivre par le recours à d’autres potentialités existantes inexploitées dans cette région, et c’est dans ce cadre que des solutions ont été préconisées par les autorités locales concernées de la daïra pour faire face aux perspectives d’avenir dans la région de Kherrata, par un prélèvement de quantités d’eau à partir du barrage d’Ighil Emda de Kherrata, une alternative qui ne présente aucune contrainte de faisabilité pour sa concrétisation de manière à combler les déficits prévisibles à long terme. Un schéma d’aménagements qui pourrait prendre en charge même la commune limitrophe de Draâ El Caïd sans pour autant avoir un impact négatif sur l’exploitation de l’ouvrage hydraulique, dont le projet serait déjà retenu pour cette dernière, dans le cadre du prélèvement à effectuer vers la wilaya de Sétif et qui sera lancé prochainement.
Une opération réalisable en ce qui concerne la ville de Kherrata, dont le barrage est situé en amont de l’agglomération, avec une distance de près d’un kilomètre, qui mérite réflexion et maturation. S’agissant plus précisément de la gestion du réseau d’alimentation en eau potable de la ville de Kherrata et de ses localités environnantes, elle est assurée par une agence de « l’Algérienne des eaux » situé dans l’enceinte du Centre économique rural (CER).
La distribution s’effectue à partir de 12 (douze) châteaux d’eau implantés à travers le territoire de cette importante commune de 33 000 habitants pour une superficie totale de 97,69 km2, dont les principales ressources hydriques proviennent essentiellement de la source de « Lanser-Azazga » située à Taskriout à 8 km environ de la ville de Kherrata dont la conduite est réalisée à l’intérieur des tunnels des gorges ou Charbet El Akhra, ainsi que de la source « Tala Oughanim » dans la commune de Draâ El Caïd. A cela, s’ajoutent des stations de pompage de renforcement en alimentation en eau potable, ce qui permet une meilleure prise en charge de la gestion en matière de distribution de ce précieux liquide par le secteur, en dépit des fuites d’eau constatées, dues à la défectuosité des conduites anciennement installées. Des conduites vétustes dont certaines remontent à l’ère coloniale difficilement repérables qui nécessitent la rénovation d’autres fuites d’eau engendrées par des mouvements de terrains, raisons pour lesquelles les interventions s’effectuent par les équipes de l’ADE, dans des conditions difficiles. Un état de faits constaté le plus souvent au niveau de certaines installations de l’ancienne ville de Kherrata qui a besoin de rénovation, ce qui aura un impact positif en matière de disponibilité de l’eau potable. Les rénovations devraient être prises en charge dans le cadre des Plans communaux de développement ou du programme sectoriel. Etant impliqué dans le cadre de la lutte contre les maladies à transmission hydrique, le secteur de l’ADE de Kherrata, assure périodiquement et régulièrement le chaulage, des châteaux d’eau et le traitement de l’eau potable. Les analyses bactériologiques des prélèvements sont assurés par le laboratoire de l’ADE de Béjaïa. Le secteur de l’ADE de Kherrata dispose également d’un camion-citerne destiné à approvisionner les populations en cas de pénuries d’eau, mais ce moyen unique ne peut suffire à lui-même pour intervenir pour ce genre d’opération, eu égard à l’importance de cette commune et des besoins en la matière.
l’affectation d’un autre véhicule similaire est plus que souhaitable, en raison de l’approche de la saison estivale, où les ressources diminuent, et la consommation en eau potable est importante.
Enfin, il est à relever les conditions difficiles dans lesquelles exercent le personnel de l’agence, en raison d’une part de l’exiguïté des locaux, et de leur nombre insuffisant ne permettant pas, par voie de conséquence, d’assurer une meilleure prestation de services aux abonnés, mais aussi le lieu du siège en question, mitoyen des locaux commerciaux. Un nouveau siège serait le bienvenu, pour cet établissement public, en charge d’un secteur vital.
Slimane Zidane
