Partir ne pas rester, le leitmotiv des jeunes

l Ce n’est un secret pour personne que le phénomène des « harragas » fait des ravages au sein de la classe juvénile. En effet ces jeunes mettent en péril, chaque jour, leur vie pour la conquête illusoire d’une meilleure vie. Dans la commune d’El Esnam, ces jeunes ne laissent passer aucune opportunité pour tenter de joindre l’autre rive de la Méditerranée mais ils préfèrent parfois l’option du visa moins aléatoire que celle des embarcations de fortune. Immigrer et fuir le pays vers l’Occident est monnaie courante. « El Harba » un terme qui taraude l’esprit des adeptes de l’au-delà de la mer représentant pour eux l’éden pour y être l’ange. Cela résume la situation critique dans laquelle vit la jeunesse. Censée être la force de la nation, vu le pourcentage considérable qu’elle représente dans la société, qu’est-ce qui la pousse à fuir vers d’autres cieux. Cette jeunesse frustrée et désespérée ayant perdu le goût de vivre ne trouve rien d’autre à faire que d’expédier son esprit s’établir ailleurs via des ponts virtuels bâtis par l’imagination et les rêves puis l’âme avant qu’ils ne soient rejoints par le corps lequel subit parfois, malheureusement, des sorts dramatiques suite aux tentatives suicidaires dans plusieurs régions du pays. Le chômage, la crise du logement, la hogra, le piston et autres maux sociaux ont gommé l’espoir de tout avenir pour de jeunes déjà aliénés par le découragement, la déception et la déréliction. C’est toutes les opportunités de réussite qui s’évaporent laissant place au désespoir, précipitant de ce fait l’envie de quitter le territoire dans l’espoir de s’épanouir sous d’autres cieux. Pour cela tout est permis et tous les chemins mènent à Rome, pour peu que l’on obtienne le fameux sésame. Obtenir un visa de visite familiale, d’études, touristique, ou encore une invitation provenant d’une entreprise étrangère, sont les possibilité envisagées pour décrocher l’acceptation des instances étrangères chargées de ce domaine installées en Algérie, on peut même se résoudre à l’achat de ce visa. C’est ainsi qu’une large portion de cette frange vitale de la société diplômée ou non, exprime tout son potentiel dans des villes occidentales pour la seule et simple raison, selon eux, de l’absence d’horizons : La France, l’Espagne, le Canada, la Belgique, l’Allemagne et autres pays sont les destinations de ceux que l’on peut nommer obsédés d’elharba. Il convient de souligner qu’il ne se passe pas un jour sans enregistrer le départ d’un ou plusieurs de ces jeunes, il va de soi que le changement de la donne n’est pas pour sitôt.

M. Ali