Tizi l’Bir, comme son nom l’indique représente le col montagneux riche en terres fertiles et en eaux de la zone-Est de Lakhdaria. Elle s’étend sur des centaines d’hectares, jusqu’aux bordures de la RN5 au Sud-Est, et de l’autoroute Est-Ouest au Nord. On raconte aussi à Lakhdaria que toutes ces étendues appartenaient dans le temps à un riche terrien du nom de Hemane, qui aurait même établi une monnaie frappée à son nom, d’où l’appellation actuelle de Hay Hemana donnée à Tizi l’Bir. « Durant cette décennie 70, le m2 de terrain coûtait 2 DA, d’autres l’avait acquis à 5 DA, mais on n’était pas nombreux pour exiger les moyens d’accompagnement nécessaires », se souvient un des premiers occupants. Durant les années 80, avec l’établissement de nombreux nouveaux arrivants, avaient été pris en charge les projets de branchement d’eau, d’électricité, et du raccordement au gaz naturel en organisant des collectes d’argent dans les foyers. D’ailleurs, cette implantation massive sur ces lieux ne se serait pas déroulée sans irrégularités car selon un vendeur de pièces détachées de la localité, lors de l’opération cadastre consistant à définir la propriété foncière des acquéreurs beaucoup de ces derniers auraient été outré des limites contenues sur les papiers timbrés. Aussi, les attributaires ayant bénéficié des lots situés dans le ravin, en contrebas de la route conduisant à l’agence de voyageurs, ont finalement réalisé la meilleure affaire car ceux-ci ont pu survoler leurs constructions, et créer des fonds de commerce. Le Hay regrouperait selon un habitant de 300 à 350 foyers, et la population environ 2 400 à 2 800 personnes, mais tout cet espace et cette densité n’ont pas pour autant bénéficié d’aménagements appropriés à la pratique sportive, culturelle, et autre travail intellectuel. Ici et là, dans les artères populaires de Tizi l’Bir, on voit des jeunes adossés aux murs ou accoudés aux avants des voitures, plongés dans d’interminables méditations, et n’écarquillant des yeux qu’au passage d’une créature sexy. « Des projets ? On en a tous, figurez-vous, mais pour l’heure tout est coincé ». Et d’ajouter juste après : « Certains ont été employés dans le projet de construction de l’autoroute Est-Ouest, mais il ne s’agissait que de petits contrats de 3 à 6 mois » souligne un jeune de Tizi l’Bir.
« Cette embauche temporaire, explique-t-il, est due à l’organisation de l’offre de travail par commune, car sur les tronçons du projet l’autoroute relevant de Kadiria, Djebbahia, et autre Aomar, il est exigé que la main d’œuvre vienne de ces localités. Tizi l’Bir, vu l’étendue de son territoire, de l’activité qui s’y enregistre et du potentiel humain dont elle dispose, est considérée comme une « ville dans une ville », où les résidants ne souffrent d’aucune contrainte liée au déplacement, à la scolarisation des enfants, et à l’accès aux approvisionnements alimentaires.
A. Chérif
