l Le wali de Bouira vient de mettre un terme à la situation conflictuelle qui prévaut dans la commune de Bechloul depuis les dernières échéances électorales du 29 novembre dernier.
En effet, après quatre mois du scrutin, le scénario des élections de 2002 s’est encore reproduit où un blocage similaire a duré près de vingt mois. Cette fois-ci encore, les neuf élus issus des quatre formations politiques ( RCD 3, FNA 3, RND 2 et FLN 1 ) ont buté sur la problématique des alliances, étant donné qu’aucune liste n’a obtenu la majorité absolue. Les différentes réunions tenues à cet effet ont échoué à chaque fois, et ces représentants de la population n’ont pas trouvé un terrain d’entente pour la formation de l’exécutif et l’installation des commissions permanentes. Chacune des parties accuse l’autre et lui fait endosse la responsabilité du blocage, laissant ainsi le maire, d’obédience RCD, seul à la tête de cette municipalité. Cette situation de vive opposition a ouvert des brèches à toutes sortes de spéculations. D’ailleurs, lors d’un meeting populaire animé par des responsables du RCD dans cette localité, ces derniers, s’appuyant sur certains articles du code communal, ont affirmé que le maire en exercice dispose de toutes les prérogatives de mettre sur pied son exécutif, même si, il ne dispose pas de la majorité écrasante. Et plus loin dans leur intervention, ces animateurs politiques ajoutent que le maire issu de leur formation a entrepris toutes les démarches légales et le délai de trente jours depuis l’envoi du P-V au wali arrive juste à expiration. Donc, selon eux, tout serait rentré dans l’ordre et l’exécutif constitué d’un élu du même parti et un autre du FLN est définitivement mis en place. De l’autre côté, leurs adversaires politiques ne sont pas allés avec le dos de la cuillère pour affirmer qu’ils constituent la majorité numérique dans l’opposition. Rien ne peut se faire en leur absence. Sans tarder alors, le wali a levé toutes les équivoques. Il a d’abord adressé une correspondance qui a annulé la demande du président portant l’installation de l’exécutif communal pour signer ensuite un arrêté définissant la mise en place d’une commission qui va supplanter l’Assemblée populaire communale. Ladite commission sera constituée du maire, des services techniques de la daïra ainsi que des représentants de la DRAG.
Cette décision qui touche quatre autres communes de la wilaya vient à point nommé pour libérer la population prise en otage par des luttes intestines, et permettre ainsi à ces « comités » de prétendre engager des projets de développement à l’échelle locale et enfin assurer le fonctionnement de cette institution à l’instar des quarante autres municipalités que compte la wilaya. Il faut dire également que ces dispositions prises par le premier responsable de la wilaya ne peuvent assurément pas réconforter tous les acteurs entrés en compétition dans ces joutes. Si l’entourage du maire se dit satisfait du verdict, la réaction de la partie adverse est tout autre. Quant à la population, elle ne cesse de s’interroger si le maire pourrait bel et bien avoir les mêmes prérogatives qu’avec l’existence d’un exécutif et une assemblée en exercice ou bien s’agit-il simplement d’une délégation exécutive communale qui ne dit pas son nom ?
M. Smail
