Cet investissement qui s’inscrira à long terme, a pour objectif essentiel d’encourager l’épargne des travailleurs, d’assurer sa collecte et de la transformer en capital pour la rendre plus productive, notamment en investissement dans les petites et moyennes entreprises pour les aider à sauvegarder et à promouvoir l’emploi. Les grandes lignes sur la création et le rôle de ce Fonds ont été esquissés par Mohamed Tessa expert et directeur général du Fonds lors d’une conférence de presse qu’il a animé à la Maison de la presse Tahar-Djaout.
Le conférencier a longuement développé les missions essentielles du Fonds qui sont l’investissement dans la PME et la formation économique et financière au profit des travailleurs et le financement des PME et des placements en valeurs mobilières. M. Tessa a toutefois mis l’accent sur la contribution du Fonds à une nouvelle culture du travail au sein des entreprises par la facilitation du dialogue social. S’agissant du rôle de ce Fonds, l’orateur expliquera qu’il s’inscrit dans le processus de modernisation du système financier national. Son champ d’intervention, a-t-il dit, concerne dans un créneau d’activité peu connu en Algérie, celui du capital-risque qui permet d’offrir des financements plus aisément accessibles aux entreprises.
En plus de cet aspect spécifique, le Fonds propose des interventions multiformes, à savoir, la formation économique et financière des travailleurs, réalisation du bilan social comme élément de l’analyse des plans d’affaires, services techniques en appui aux entreprises…
L’impact qu’aura ce Fonds sur le volet emploi est qu’il mettra à la disposition de ces entreprises les capitaux provenant de l’épargne collectée et nécessaires à leur développement et à leur expansion. Dans le but de contribuer à instaurer une meilleure gouvernance des entreprises partenaires du Fonds, des formations adaptées seront donc dispensées aux administrateurs de ces entreprises (droit et obligations rattachées à la formation d’administrateur, maîtrise des aspects liés aux procédures de gestion des travaux du Conseil d’administration). « Les travailleurs conscients des incertitudes économiques et du contexte de précarité socioprofessionnelle, ont besoin, pour mieux réagir, de connaître les rouages du fonctionnement financiers de leurs entreprises positivement », a noté M. Tessa.
L’investissement des travailleurs par les actions a aussi un autre avantage. A ce sujet, M. Tessa indiquera que le FSIE aura l’avantage de pouvoir introduire un dispositif de revenus de retraite plus substantiels grâce aux placements effectués durant la vie active. Ils (travailleurs), a-t-il dit, pourraient prétendre à un « troisième âge » plus confortable dans une société où s’estompe inexorablement notre solidarité familiale. En somme, l’idée de créer un Fonds de soutien à l’investissement pour l’emploi (FSIE) est née à la suite des échanges entre les dirigeants de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et ceux de l’UGTA. Ce Fonds est cofinancé par le Bureau international du travail et le FTQ. L’assise juridique du Fonds a pris quatre ans entre 2004 et 2007 jusqu’à l’installation du CA du Fonds en septembre 2007.
Nacer Ould mammar
