« Par rapport à l’année précédente, les prix du rond à béton ont doublé », affirme pour sa part le gérant d’une PME de la distribution, sans pour autant avancer une quelconque explication si ce n’est celle de « l’offre et de la demande ».
Les auto-constructeurs de la région d’Ouzellaguen, eux, n’en mènent pas large. La lame de fond liée au niveau rédhibitoire atteint par les prix des matériaux de construction a balayé bien des espoirs. Du coup, des projets de construction déjà claudiquants ont été purement et simplement abandonnés. « Franchement, je n’arrive pas à suivre le rythme. J’ai encore quelques travaux d’intérieur à finir et je ne sais pas avec quelles acrobaties financières je pourrais y arriver », s’interroge catastrophé, un auto-constructeur d’Ighzer Amokrane.
Même scepticisme chez Akli qui est sur un projet dans la localité de Helouane : « J’ai mis cinq ans et j’ai claqué un argent fou pour achever les gros œuvres.
Avec une telle flambée, il sera vraiment difficile de finaliser les travaux », se demande-t-il, attéré.
Obéré jusqu’au cou malgré les 50 millions d’aide consenties par l’Etat dans le cadre de la promotion de l’habitat rural, Abdellah du village Maghoun, affiche autant d’inquiétude : « Que pouvez-vous réaliser de bien sérieux avec une telle somme qui n’a aucun pouvoir d’achat quand la flambée touche tous les intrants et que vous devez payer en sus le maçon », se lamente-t-il.
Après s’être battu jusqu’au trognon en néantisant leurs économies, ces auto-constructeurs ont pu faire avancer leurs projets. Mais avec la récente envolée des prix des matériaux et le renchérissement du coût de la main d’œuvre, ils sont passés au laminoir et désespèrent de pouvoir jouir un jour de leurs logis sinon… quand les poules auront des dents !
N. Maouche
