Intervenu comme invité du Forum “Eco-Dev” de la Dépêche de Kabylie, le maire de Tizi Ouzou, usant d’un ton pédagogique et serein, remet les pendules à l’heure et apporte de cinglants démentis aux allégations faites par le wali de Tizi Ouzou à son encontre. Comme il a tenu à étaler le dossier de manière détaillé, documents à l’appui, sur l’ensemble des réalisations de l’APC depuis sa prise de fonctions le 1er octobre 2004. A couteaux tirés, M. Aït Ahmed a travaillé la réplique à l’adresse du wali, en lui signifiant que l’élu dans l’exercice de son mandat doit être avant tout un acteur politique et non un simple agent d’exécution entre les mains des différentes tutelles administratives. Selon lui, la problématique des jeux et enjeux de la gestion d’une collectivité locale, requiert une importance telle, qu’elle constitue la matière de base de l’édifice de l’Etat. Le maire de Tizi Ouzou rappelle son appartenance au FFS, qu’il dit assumer avec conviction, constance, persistance et permanence. Il a fait un bref retour sur les conditions qui prévalaient en octobre 2002 qu’il qualifie de situation de guerre en Kabylie. Il dit que les engagement pris avec la population se focalisent autour d’un mandat politique de gestion citoyenne et participative avec en prime des rencontres périodiques sur le terrain avec le tissu associatif, les comités de quartier et de village.En sus d’une batterie de missions de gestion arrêtées d’un commun accord avec l’ensemble des élus et des représentants du mouvement associatif, pour enfin faire de la démocratie locale un préalable à tout développement local et à toute expression de la souveraineté populaire. Chérif Aït Ahmed considère que le cadre législatif de la décentralisation instaurée, recèle beaucoup d’insuffisances et ne permet nullement l’expression réelle de la démocratie locale. Le code communal actuel pousse beaucoup plus à l’exercice d’un autoritarisme primaire et absolu et remet en cause fondamentalement la pratique démocratique en réduisant à néant les prérogatives de l’élu, et rend inopérantes les initiatives socioéconomiques des municipalités. L’administration impose et ordonne l’approbation de fiches techniques devenues finalités aux dépens de programmes et de plans de développement exprimés par les besoins réels et concrets des populations.Cette situation d’ordre politique et institutionnelle est aggravée par la complexité des conditions locales. La municipalité de Tizi Ouzou n’a jamais connu une gestion rationnelle depuis 1962, elle est traversée par des crises incessantes gangrénant l’environnement immédiat. Le chef-lieu de wilaya situé à 100 km de la capitale politique, administrative et économique du pays où sont concentrés tous les centres de décision voit s’aggraver les disparités économiques et par ricochet une décomposition sociale et l’exclusion. La crise économique, culturelle et sociale qui frappe particulièrement notre commune demeure un constat souvent fait par les citoyens avertis, élus, et certains cercles de décision du pouvoir local, assène-t-il.Tout en insistant que cette situation affecte gravement et durablement l’esprit du citoyen en se répercutant gravement sur son comportement et sur l’image de notre ville, qui a perdu sa quiétude, sa convivialité, sa douceur de vivre son hospitalité légendaire et ses valeurs de solidarité et d’entraide. Divers facteurs devraient à notre avis faire l’objet de plus d’attention, de réflexion, pour que nos collectivités jouent pleinement leur rôle et répondent aux besoins de nos populations. L’aménagement du territoire conditionne le développement économique, l’emploi, la solidarité et l’éducation. Les codes communal et wilaya ne peuvent en aucun cas répondre ni satisfaire aux problèmes nouveaux qui sont posés aux élus et aux collectivités locales. La commune reste un cadre trop étroit, étouffé par un arsenal réglementaire et organisationnel inappropriés à la nature des enjeux de l’heure, tient à préciser le maire de T.O. C’est pour cela qu’il est indispensable que l’aménagement du territoire et la réforme des institutions locales deviennent des objectifs fondamentaux pour aller de l’avant, a-t-il ajouté. Sur un autre volet, le maire de Tizi Ouzou a tenu à remettre en place le wali de Tizi Ouzou, qui a donné libre cours à son sentiment personnel lors de sa conférence de presse.Le maire de Tizi Ouzou dénonce avec fermeté et vigueur les propos tenus par le wali, qui selon lui, relèvent d’une invective et insultes gratuites, à l’adresse de la population, et ont émané de surcroît d’un commis de l’Etat. Et d’ajouter, que si le wali a des comptes personnels avec Chérif Aït Ahmed, “je lui lance le défi et suis prêt à un face-à-face, s’il le veut public et en plein stade.“Chérif Aït Ahmed vient d’une famille équilibrée et l’historique de ma famille est connu de tous, je n’ai à recevoir de leçons de personne. Je me demande pour quelle chapelle roule le wali”, s’interroge le maire, car depuis son installation à Tizi Ouzou, verse dans la politique politicienne en se départant de ses missions constitutionnelles. “Je lui lance un défi d’apporter des preuves sur ce qu’il a avancé, qu’il m’attaque en justice s’il est sûr de ce qu’il détient. La dilapidation du foncier est connue de tous, surtout sur la côte d’azzefoun, que moi je ne fréquente jamais, à bon entendeur salut” dira-t-il.
Khaled
