Les bénéficiaires de logements enfin convoqués

Des années d’espoir et de promesses dans des conditions très difficiles ont fini par user les plus solides d’entre eux. La convocation les informant de l’attribution de leur logement arrive et met fin aux spéculations, disant que les appartements avaient été détournés de leur vocation première. « Le parcours du combattant vient de connaître son épilogue », dira un agent de service de l’hôpital, en ajoutant : « Je n’y croyais plus, à force d’attendre ».

Pour faire partie des 64 heureux élus parmi les mille deux cent (1 200) demandeurs, il fallait pour tout postulant présenter un dossier ne souffrant d’aucune contestation. Cependant, le « ouf » de soulagement passé, les plus démunis se rendent compte qu’ils ne sont pas encore « sortis de l’auberge ». En effet, pour reprendre possession de leur appartement, les bénéficiaires sont invités par l’organisme gestionnaire des logements HLM, à s’acquitter de la coquette somme de plus de 40 000 dinars, représentant les frais de cautionnement. Ce dépôt est destiné à garantir le paiement d’une année du loyer, nous affirme-t-on. L’opération, bien que normale et faisant partie des formalités exigées par l’OPGI depuis toujours, est difficile à admettre par les attributaires. « Par les temps qui courent, nous ne sommes pas nombreux à pouvoir économiser une telle somme », affirme Boussad, sa convocation en main. Abondant dans le même sens, un autre ajoute : « Comment voulez-vous que je puisse réunir une telle somme alors que je suis fonctionnaire ? J’arrive tout juste à nourrir mes enfants avec mon salaire. Je ne sais même pas comment meubler ma maison ». R., l’un des plus démunis, handicapé par la maladie, ne gagne quelques dinars par jour qu’en faisant de menus travaux dans une boucherie. S’adressant à nous, il nous demande s’ »il n’existe pas d’organisme qui pourra l’aider à atténuer cette charge ». Les dépenses ne font que commencer et ils le savent. Les conditions de vie d’un HLM comporte ses exigences et des besoins plus importants que ceux du village. Cependant, ils pourront se consoler d’être plus heureux que les mille autres postulants qui attendront encore, des années, un logement qu’ils n’auront peut-être jamais.

Nacer B.