Ce qui en dit long sur la nature des déjeuners que les écoles offrent à nos enfants. En réalité, on ne peut faire de miracles avec les sommes dérisoires allouées par l’Etat.
Les enfants et les enseignants interrogés avouent ne pas avoir remarqué “d’amélioration”, de l’ordinaire, même depuis que la subvention octroyée aux cantines a été portée à
35 DA par enfant et par jour.
Les gestionnaires de ces restaurants, d’Iferhounène à Aïn El Hammam, en passant par Aït Yahia, tiennent tous le même langage et justifient les carences des cantines par un “budget insuffisant”. Ils parlent plus de leurs prouesses de réussir à “faire manger tous les élèves” que de la qualité des repas servis. Mieux encore, la cantine est reléguée au rang de soupe populaire où on nourrit les plus éloignés avant les nécessiteux. Les directeurs pensent plus à donner un couvert à chaque enfant, au détriment de repas équilibrés que de nombreux démunis ne trouvent pas chez eux, en cette période où le commun des citoyens joint difficilement les deux bouts. Cet objectif, il faut le reconnaître, est occulté par les différentes contraintes auxquelles il faut faire face. Le menu ne sort plus du carcan d’une louchée de légumes secs ou de pâtes, accompagnée d’un morceau de pain et avalés à la hâte. D’ailleurs les élèves, résidant près de l’école, se rendent chez eux, immédiatement, après leur sortie de la cantine “pour déjeuner”. Le bon vieux bol de lait servi au moment de la récréation est un souvenir des vieilles générations. “Avec un quignon de pain, il aurait été plus recommandé”, nous dit un parent. Peut-on parler d’apports nutritifs lorsque les spécialistes de l’enseignement qui n’ont, d’ailleurs, pas les moyens de les consulter. La confection des repas est devenue, alors, un travail de routine confié au cuisinier qui “s’en sort avec les moyens du bord”. Les cuisines, sans personnel qualifié, fonctionnent, grâce aux jeunes femmes recrutées par les APC, dans le cadre du filet social et qui deviennent par la force des choses “des cuisiniers en cuisinant”. Chacun bricole ce qu’il peut et à midi, les enfants, pour ne pas refuser la mixture qu’on leur impose, disent qu’ils n’ont plus faim. Du coup, on se rend compte qu’il ne suffit plus d’ouvrir des cantines pour le plaisir d’en doter les écoles. Encore faut-il leur assurer un suivi pour qu’elles puissent offrir aux enfants un repas digne de ce nom et les accueillir dans des conditions d’hygiène acceptables.
Nacer B.
