« L’arrêt du tabac réduit la mortalité et la morbidité de l’ensemble des maladies liées au tabac, notamment les maladies cardio-vasculaires ». Tel est le constat établi par notre interlocutrice, Mme Adghar, professeur à l’Etablissement hospitalier spécialisé (CNMS), à Alger. Pour elle, il suffit d’avoir la volonté de mettre fin à cette épidémie ayant ravagé, notamment la jeunesse. » Je résume mes suggestions en une seule phrase : il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer ! « , a-t-elle rassuré, en soulignant toutefois, que plus l’âge d’arrêt de la consommation du tabac est jeune plus la réduction des risques liés au tabac est importante. Notre interlocutrice, non sans conscience de la gravitée du tabac, nous dira avec regret pour nous montrer les répercussions de ce produit que » la cigarette fait des ravages chez nous, les dégâts sont considérables : 15 000 morts annuellement, 3 000 cas de cancer du poumon, 5 000 accidents cardiovasculaires « . Il est tout aussi alarmant de constater que des centaines de milliers de personnes qui n’ont jamais fumé meurent chaque année de maladies dues à l’inhalation de la fumée des autres.
« C’est vraiment alarmant ! « , tonne-t-elle. Elle a également abordé la question pertinente relative au coût des maladies pour lequel, précisera-t-elle, il n’est pas inutile de rappeler que la prise en charge à 100% d’un cancéreux du poumon coûte à l’Etat 250 millions de centimes et le malade finit généralement par mourir « . Une formation, exigera-t-elle, dans ce domaine s’impose. » C’est important, non seulement pour les médecins mais pour tout le personnel de la santé de poursuivre des formations pour lutter contre le tabagisme », proposera-t-elle à cet effet. Et d’ajouter : « malheureusement, en Algérie, il n’existe ni de formation ni de tabacologue. Alors je ne vois pas comment lutter avec ce déficit matériel et personnel ».
Rassurante, le Pr. Adghar a affiché sa satisfaction quant au rôle joué que ce soit par le personnel de la santé, des pouvoirs publics ou enfin la société civile pour la lutte contre ce » poison « . Comme, elle a, dans ce sens, interpellé les autorités à prendre en considération l’interdiction de fumer dans les lieux publics et d’imposer des espaces non-fumeur, et ce a-t-elle conclu, pour « l’intérêt de la santé de nos citoyens ».
N. B.
