Un abandon qui s’explique par les difficultés d’irrigation (les quelques systèmes d’irrigation réalisés du temps des Français étant complètement détériorés) et mise à part quelques forages insignifiants, infructueux, aucune autre initiative n’a été entreprise depuis l’indépendance pour le captage et l’exploitation de l’énorme ressource hydrique existant au niveau du territoire de la daïra de M’chedallah. C’est une région qui est et qui demeure la plus riche en matière d’eau douce à l’échelle nationale mais dont le pourcentage en matière d’exploitation est au point zéro dans une région aux caractéristiques suivantes : l’élevage
Les plus importants parcours de pâturage sont compris entre Haizer et Thirourdha passant par M’chedallah où des dizaines de milliers de cheptels ovins, bovins et caprins sont comptabilisés et font vivre des milliers de familles ; malgré l’importance de ce créneau il n’a jamais bénéficié d’un intérêt quelconque de la part des services de l’agriculture, mise à part les quelques campagnes sporadiques de vaccination. Et pourtant ces troupeaux continuent à se désaltérer dans les ravins et ruisseaux de la même manière qu’il a y des dizaines de milliers d’années, sachant que ce cheptel s’expose au même titre que l’homme aux risques de maladies à transmission hydrique (MTH). Personne n’a envisagé d’aménager des abreuvoirs faciles à surveiller et à traiter. Céréales, fruits et légumes : des vergers qui ont fait classer aux colons français M’chedallah de » Mitidja bis »-ont complètement disparu aujourd’hui à cause du manque d’irrigation. Des milliers de familles qui se sont enrichies à cette période grâce au blé légendaire d’Ahnif sont aujourd’hui dans une précarité totale ; ces milliers d’agriculteurs n’ayant pas trouvé de parade aux longues sécheresses répétitives ont fini par abandonner le travail de la terre.
L’oléiculture Un potentiel en jachère
Aucune région d’Algérie ne peut rivaliser en matière de nombre de pied d’oliviers avec la région de M’chedallah, de plus la nature du sol aidant, l’huile d’olive de M’chedallah est classée meilleure qualité a l’échelle internationale. Que faut-il de plus pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur cette région riche en ressources naturelles diverses, également pauvre et même très pauvre et très en retard en matière de développement ? Pour revenir à ce projet d’aménagement de retenues collinaires, rappelons que la même équipe de techniciens et ingénieurs hydrauliques se sont déplacés dans la région de M’chedallah dans les années 80 au même titre que les régions (sud de la wilaya) qui viennent de bénéficiées de ces nouvelles retenues collinaires. Cette commission technique a émis un avis favorable pour la réalisation d’une retenue collinaire au lieudit Thagourftets Irroumiène dans la commune de M’chedallah à quelques encablures au nord est du chef-lieu de Daïra. De mémoire d’homme, les deux importants ruisseaux (Assif Lebaal et Assif Ouakour) qui se rencontrent en ces lieux et qui devraient alimenter cette future retenue collinaire n’ont jamais tari que ce soit en été ou durant les longues périodes de sécheresse. En amont de ce point choisi existent d’immenses terrains fertiles qui s’étendent sur des centaines de milliers d’hectares, soit sur toute la partie est du territoire de la commune de M’chedallah, une retenue qui peut encore couvrir en matière d’irrigation tous les terrains de la commune de Chorfa et une bonne partie de la commune d’Ath Mansour. Le Wali de Bouira auquel revient la décision finale de l’affectation de ces cinq nouvelles retenues collinaires est-il mis au courant de toutes ces références énumérées concernant la Daïra de M’chedallah et relatives au domaine de l’agriculture ? Va-t-il réparer cette injustice ? Attendons de voir la suite, une suite qui va confirmer ou infirmer la déclaration du ministre de la solidarité nationale, Monsieur Djamel Ould Abbas. Ce dernier reconnait qu’il y a une mauvaise répartition de richesses à travers tout le territoire national. Notons pour terminer que le lieu de rencontre des deux ruisseaux susmentionnés est une cuvette naturelle entourée de hautes collines qui dépassent les 500 mètres, cette cuvette a toutes les formes d’une retenue collinaire géante qui peut emmagasiner des millions de m3 d’eau.
Omar Soualah
