Dérive à l’APW de Tizi-Ouzou

La rencontre, supposée « fraternelle », à laquelle ont été conviés les journalistes de Tizi-Ouzou au siège de l’APW, a finalement pris les allures d’un véritable procès d’intention. Certains élus n’ont ménagé aucune expression pour vilipender leur hôtes et leur infliger des qualificatifs aussi désolants que dégradants. C’est, malheureusement, de cette manière que la corporation a célébré la Journée internationale de la liberté de la presse.

Ppourtant, tout avait bien commencé dans la matinée lorsque les correspondants locaux ont accompagné une délégation « très officielle » à la cité « la CNEP » pour déposer une gerbe de fleurs sur ce qui est supposé être une stèle commémorative en l’honneur des journalistes assassinés. Cette stèle, précipitamment « traitée » à la chaux, quelques minutes avant le déplacement, est devenue, au su et au vu de tout le monde, un urinoir public que même les voyous boudent. Mais la symbolique avait pris le dessus, en pensent naïvement que l’endroit allait mériter plus d’attention. En début d’après-midi, tout ce beau monde s’est retrouvé au siège de l’APW de Tizi-Ouzou aux fins de prendre part à un débat sur le rôle des journalistes et l’apport de la presse locale dans le développement de la wilaya. C’était, du moins, le slogan affiché par les initiateurs de la rencontre. Une fois dans l’enceinte, les journalistes ont eu droit à un véritable procès.

Au lieu de se pencher sur leurs préoccupations professionnelles, et les énormes difficultés que le correspondant rencontre dans la collecte d’informations, certains élus se sont immédiatement jetés sur leurs invités sur un ton frôlant l’insulte.

Les « hostilités » ont été ouvertes par M. Metahri, vice-président de l’APW, lequel a reproché à la corporation locale de trop s’intéresser à l’information sécuritaire, donnant, poursuit-il, une image peu reluisante de notre région.

Une image, persiste-t-il à croire, qui a une incidence directe sur le phénomène de délocalisation industrielle puisque « de nombreux investisseurs refusent de s’installer dans une région potentiellement dangereuse… ! »

S’érigeant en donneurs de leçons, certains élus iront encore plus loin. Le maire de Tizi-Ouzou, par exemple, a purement et simplement traité les journalistes de « journaleux! »

Pris par cet incroyable élan de dénigrement un député RCD a également stigmatisé, la presse locale en lui reprochant de trop faire dans le sensationnel. Et c’est à partir de là que le premier couac a eu lieu. Notre confrère S. A. M. du Soir d’Algérie a sèchement répondu au P/APC de Tizi-Ouzou. Les propos de ce dernier, quoique très corrects, ont été suffisants pour remettre « l’élu du peuple » à sa place. En dépit de ces palabres très houleux, les débats ont quand même pu se poursuivre en présence de certains maires et… d’un seul investisseur, en la personne de M. Medjkouh. Heureusement que la fin de la séance était plus calme que son début.

Saïd Lakhdari, député FLN à Tizi-Ouzou et néanmoins mouhafedh de la wilaya, a solennellement proposé son aide pour la création d’une maison de la presse à Tizi-Ouzou. Pour ce faire, M. Lakhdari à fait une déclaration importantissime : il a publiquement proposé de transformer le siège de la mouhafadha de Tizi-Ouzou en maison de presse locale.

A. B.