(4e partie)
Ce jour-là, le fils du roi du pays passait. A la vue de la trè belle jeune femme, il demeure quelques instants ébloui. Il suit les deux femmes. Dès qu’elles rentrent chez elles, il se présente et sans autre forme de procès, il dit à la mère apeurée : « Vghigh thamet’touth agiS lemlaha, s’leqvahaevghight i nekini ! »(Je veux cette femme pour moiJe la veux sur le champQue tu le veuilles ou non !)La mère lui explique la situation et lui dit qu’elle est mariée à son fils et qu’elle a un enfant de lui. Le prince n’en a cure : « Eqvel negh our quebel aranekini ats aouighs thourayarna akm n’ghagh soufella ! »(Tu acceptes ou tu n’acceptes pas, j’ai décidé de la prendre maintenant dussè-je passer sur ton cadavre à l’instant !)Devant l’intransigeance du prince, la jeune femme qui avait tout entendu, dit à sa belle-mère : « Dis à ce prince que je suis prête à l’épouser, pourvu qu’il renonce à te tuer ! »Informé, le prince est très content de son exploit. il vient de réussir un coup d’éclat. Sur le point de quitter définitivement la mère de son mari, la jeune femme lui demande son baluchon où il y avait ses plumes de cachées. Dès qu’elle les met, elle se transforme en colombe blanche. Elle se saisit de son fils et dit à sa belle-mère qui n’en croit pas ses yeux : « Je retourne chez moi au pays des colombes » (Ar ethmourth n’te thvirine). Le prince qui attendait la jeune femme s’impatiente, ne la voyant pas sortir, il enfonce la porte et ne trouve que la vieille mère en pleurs. Il lui demande où elle est passée. Elle lui dit qu’elle s’est envolée, croyant qu’elle se moque de lui, il lui assène sur la tête, un violent coup du plat de l’épée qui l’assomme. Il cherche dans les moindres recoins la belle jeune femme, mais ne trouve rien. C’est furieux qu’il quitte les lieux. Quelques jours plus tard, quand le jeune chasseur rentre chez lui, il est étonné par le silence qui y règne. Il n’y avait ni sa femme ni son fils, seule sa pauvre mère se morfondait dans son coin. A sa mine renforgnée, il comprend ce qui est arrivé. Sa mère lui raconte en détails, les circonstances du départ de sa femme et de son fils. Pour finir elle lui dit : « Si tu veux revoir ta femme et ton fils, il faut te rendre dans son pays, le pays des femmes-colombes. Moi je te déconseille d’y aller, c’est un pays maudit, d’où personne n’est revenu ! »-Pour retrouver ma femme et mon fils je suis prêt à tenter le tout pour le tout !Après s’être reposé, le jeune chasseur se met à la recherche du fabuleux pays des femmes-colombes. Mais personne ne peut le lui indiquer. Suivant un chemin menant vers l’ouest, le jeune chasseur rencontre deux hommes en train de se battre pour la possession d’une chéchia (coiffure de tête masculine) et de deux bâtons. Les voyant en sang, il leur pose la question : -« Puis-je mettre un terme à votre différend ? -Si tu le fais, nous te serons reconnaissants ! L’objet de notre litige est le suivant : La chéchia (thachachithe) a des pouvoirs magiques, celui qui la met sur sa tête devient invisible et peut aisément traverser, sans se faire dévorer, la contrée des femmes-colombes, qui tuent tous les hommes qui s’en approchent et qui se trouvent dans les environs. Quant aux deux bâtons, ils ont eux aussi des pouvoirs magiques, il suffit de les frotter l’un contre l’autre pour qu’apparaissent de sous terre des soldats armés, qui se mettent au service de celui qui a frotté les bâtons. Comme chacun de nous désire pour lui tout seul les trois objets, notre lutte dure et durera jusqu’à ce que l’un de nous s’avouera vaincu. Cela fait des jours que nous nous battons ! »Comprenant l’avantage qu’il pouvait tirer de cette situation, le chasseur leur dit : -« Je vais vous servir de juge, si vous acceptez ! Il y a un moyen très simple de vous départager ! »-Lequel ?-Laissez ces trois objets ici, devant moi, descendez au bas de cette colline. Dès que je vous donnerai le signal, vous vous mettrez à courir. Le premier qui arrivera à cet endroit prendra possession des objets. De cette façon jamais plus le sang ne coulera. «Benrejdel Lounes (A suivre)
