Les refuges de la guerre de Libération, un patrimoine à valoriser

Cinquante-quatre (54) ans après son déclenchement, 46 ans après l’Indépendance, elle continue d’alimenter des débats passionnés tant l’écho des joies et des souffrances qu’elle a occasionnées est toujours vivace aussi bien dans l’esprit de ceux qui ont vécu cette période charnière de notre histoire que dans celui des générations post-indépendance.

Les refuges de guerre, lieux de regroupement, de repos et de ravitaillement de nos glorieux martyrs sont à coup sûr des endroits qui pourraient raconter à l’avenir une partie de notre histoire, ils recèlent dans les méandres de leur murs le souvenir de ces hommes qui ont consenti l’ultime sacrifice pour que vive l’Algérie, leur évocation seule donne la mesure de l’épopée de notre histoire.

Ecoutons Na Aldjia, témoin oculaire de la guerre de Libération : « C’était un après-midi de printemps, juste avant le coucher du soleil, une centaine de moudjahiddine débarquent dans le village, ils étaient accueillis dans la sérénité par les villageois, ils ont élu domicile dans le refuge des Aït Belkacem : les Moussabline ont intimé aux villageois l’ordre de mobiliser la meilleure nourriture disponible, les femmes ont offert même les œufs des quelques poules qui ont échappé aux torsions manuelles mortelles des soldats français, les hommes des ovins et des caprins, de la sorte un repas des plus copieux a été servi. Le lendemain, des coups de feu ont été entendu sur l’autre versant de la montagne.

La nuit passée au refuge, dans la convivialité et la chaleur, était pour certains d’entre ces moudjahiddine, la dernière passée sous un toit ».

La loi du modhahid et chahid (loi 91-16 du 14 septembre 91) considère les refuges, au même titre que les lieux de regroupement et de batailles, comme symboles et monuments de la guerre de Libération et il incombe à l’Etat d’œuvrer à leur protection et à leur classification, ainsi qu’à leur préservation comme de veiller à leurs entretien.

Aussi des mesures d’expropriation et d’indemnisation sont prévues pour les propriétaires de ces monuments. Sur un autre chapitre, ces bâtisses constituent des monuments architecturaux tel le refuge Aït Aamar Ouzegane dans la commune d’Ighram constitué d’une cour intérieure centrale entourée de trois grandes salles.

Une de ces salles est composée de deux surfaces distinctes séparée par un mur à clairvoie, l’une d’elles sert pour les humains, on y trouve l’être et les ustensiles de cuisine accrochés aux murs, l’autre surface est réservée aux animaux ; c’est l’étable, elle se compose d’un mangeoire et d’une cour que surmonte une soupente dans laquelle sont entreposées les couffins et autres réserves alimentaires.

Cette maison possède deux accès, l’un donne sur une ruelle au beau milieu du village et l’autre directement sur les champs en offrant une vue panoramique sur les belles montagnes du Djurdjura, sans doute que l’endroit a été choisi pour sa position stratégique d’où il est facile de repérer tout mouvement dans les environs et d’effectuer un retrait vers les montagnes en cas d’attaques.

Cette maison, comme il en existe dans chaque village et bourgade d’Algérie, peut faire office de musée où seront rassemblés et classés des objets de guerre et des témoignages qui présentent un intérêt historique certain comme il aidera à saisir la vérité de cette époque et contribuera à ancrer dans l’esprit des futures générations l’amour de la patrie.

B. Sadi