La décision du wali de Béjaïa de transférer le projet de construction d’un nouveau CEM type base 4 de la commune d’Amizour vers une autre municipalité de la vallée de la Soummam est tombée tel un couperet à Tadart- Tamokrant, localité distante de 18 km du chef-lieu communal où était prévue dans un premier temps son implantation.
Sachant que l’attribution de ce projet a soulevé le courroux des habitants des autres villages avoisinants, notamment la localité d’El Hamma qui se disait prête elle aussi à recevoir le CEM sur son territoire situé à mi-chemin entre Amizour et Tadart-Tamokrant.
Une certaine « bataille » a vu le jour entre les habitants des deux localités voisines avec des arguments pour chacun afin de justifier leur « pole position ».
Les habitants de Tadart qui n’arrivent pas à digérer l’annulation d’un projet tant rêvé pour mettre un terme à la galère de leur collégiens dispersés à travers plusieurs établissements disent qu’ »il est inadmissible de remettre en cause cette implantation qui ne manquait plus que de l’ordre de service (ODS) après avoir fait le choix de terrain et confié le projet à une entreprise ». D’autres villages comme Aït Oumaouch, Ouaoucha et Tala Amar refusent catégoriquement que leurs enfants soient scolarisés à Tadart.
Quant au village El Hamma il propose également une assiette de terrain et joue son atout géographique de « centre de gravité » entre ces localités montagneuses.
Les autorités locales dont le P/APC veulent avant tout étouffer dans l’œuf tout conflit entre villages d’une même commune et ont donc réuni autour d’une même table toutes les parties concernées pour soumettre ensuite les décisions aux autorités de la wilaya. Une affaire qui a fait bouger même l’APW de Béjaïa, et le président de cette assemblée s’est dépêché à deux reprises pour écouter séparément les habitants de Tadart, d’El Hamma et d’autres villages voisins.
Une synthèse a été rédigée ensuite pour donner un véritable état des lieux d’une situation conflictuelle gravissime au premier responsable de la wilaya, seul habilité à trancher définitivement sur ce sujet.
Eclairé par les correspondances des élus du peuple, le wali avait décidé de « délocaliser » ce projet pour l’attribuer enfin à une autre commune de la vallée. « On ne va pas construire un CEM avec autant de milliards pour qu’il soit fermé quelques années après » avait-on argumenté aux autorités locales d’Amizour.
Certes, c’est une frustration pour toute la population d’Amizour de se voir privée d’un projet sur le point d’être réalisé, mais peu importe le lieu de son implantation : « Tant pis s’il s’agit d’une solution de dernier recours afin de mettre un terme à toute querelle entre villages », c’est le point de vue de quelques habitants de cette commune.
Nadir Touati
