Polémique concernant le remplacement du gazon naturel par une pelouse synthétique

Si cela se confirme ce sera une solution de facilité. Nous avons recueilli un avis contraire d’un horticulteur paysagiste, sportif de surcroît.

Pour Kader Ikedji, puisqu’il s’agit de lui, « l’infaisabilité de ce « projet » est liée à la qualité omnisports de cette unité. En effet, on y pratique l’athlétisme avec toutes ses spécialités : lancers, marteau, javelot… qui seront ainsi éliminés puisque la pelouse synthétique serait… massacrée ! »

Concernant l’aspect financier, M. Ikedji est catégorique : une pelouse synthétique coûte dans les 40 millions de dinars alors que la réfection du gazon naturel ne saurait dépasser les 15 millions de dinars, et cela même si c’est fait par une entreprise étrangère. Appuyant le choix du gazon naturel, notre interlocuteur nous déclare que les conditions d’opter pour ce choix sont liées à la très haute qualité du système de drainage réalisé sur le terrain et les conditions climatiques à Béjaïa qui sont très favorables : Tempéré et humide. C’est dire que si la pelouse du stade de l’Unité Maghrébine a tenu depuis 22 ans alors que son entretien a été médiocre faute de moyens, c’est grâce à la qualité du drainage et à l’abnégation des techniciens à l’entretien avec le peu de moyens, il faut le rappeler, sans oublier aussi la « surutilisation ».

Parlant de la pelouse du stade du 5 Juillet, Kader Ikedji nous fait remarquer que son « problème » n’est pas lié à « l’herbe » elle-même mais tout simplement à la mauvaise qualité du drainage : le contraire de Béjaïa.

Un autre point important pour appuyer le choix de maintenir le gazon naturel : Le sablage régulier de la surface de jeu évite les crevasses et les bosses (et cela se faisait de manière hypothétique), donc entre-autres les entorses (et autres) des joueurs ainsi que la mauvaise qualité du jeu bien entendu. Revenant à la pelouse du stade de l’Unité maghrébine de Béjaïa, Kader Ikedji nous fait remarquer que l’arrosage se fait avec une eau fortement chlorée du réseau AEP alors qu’un forage existe.

Enfin, pour clôturer ces arguments notre interlocuteur nous propose de faire les comparatifs avant de proposer de prendre l’enveloppe financière affectée à la mise d’une pelouse synthétique, d’en utiliser une partie à la réfection du gazon naturel et d’en affecter le reste « exclusivement » à son entretien.

En attendant, effaré par la tournure prise par cette polémique, M. Kader Ikedji nous déclare : « Les compétences locales existent, notamment Boualem Cherchour, ingénieur agronome, et tant d’autres, lequel été celui qui a dirigé les travaux de mise en place du drainage et de la pelouse (de septembre 1985 à mars 1986), pelouse inaugurée par le match amical Algérie-Maroc qui s’était soldé par le score de 1 à 1 ». Et de rajouter en tempêtant et en pestant : « Si nous sommes incapables de « faire pousser de l’herbe » qu’on aille en enfer ! ».

Tarik Amirouchen