Un autre bidonville à raser

Un détail pour commencer : la largeur des routes d’accès vers les quartiers Abane-Ramdane et Amara-Saïd, le grand espace laissé entre les immeubles et la présence ici et là de variétés d’arbres séculaires nord-méditerranéens témoignent que des locataires autres que les nationaux l’ont élu pour lieu de résidence.

Mais garder intact cet environnement d’antan relève de l’impossible, en raison d’une part du brusque passage de Chabet Souk d’un lotissement rationnellement occupé à un quartier populeux, touché par la démographie galopante et d’autre part par l’âge très avancé des maisons et le non-respect des exigences urbanistiques, lequel état de délabrement des habitations a été amplifié par les dégâts occasionnés par le séisme de Zemmouri de 2003, des moments que qualifiera un habitant « de tragiques, car plus de 100 maisons ont été démolies et les familles recasées à Ghandahar ».

Un secteur, ajoute-t-il, que les autorités se sont empressés de raser juste après, de peur de voir se reproduire les cas enregistrés ailleurs, où certains sinistrés ont rejoint les bidonvilles juste après avoir reçu les clés de leurs nouvelles demeures.

Mais, même débarrassée de ces moches bidonvilles, dira une résidante : « La proximité de la surface plane obtenue avec un immense ravin marécageux, constitue toujours la préoccupation majeure de Chabet Souk ».

Ce creux sans ouvertures, ou stagne un volume conséquent d’eaux de pluies favorisant la formation de foyers de parasites et développant toutes sortes de mauvaises herbes, a connu des travaux consistant à combler le vide par des chargements de terre et d’autres gravats.

Aussi, rien qu’à cet endroit de Lakhdaria on aurait recensé plus de 200 mal-logés, mais la volonté de mettre fin à l’habitat précaire est perceptible à Chabet Souk où il reste quand même un îlot de maisons de fortune au niveau de la rue Abane-Ramdane, lesquelles, selon les occupants auraient reçu plusieurs visites des responsables locaux, qui se seraient engagés à les prendre en charge au moment voulu. Chabet Souk, qu’on nomme ainsi par rapport à la stagnante qu’elle comprend en son sein, offre deux images bien distinctes des lieux, celle des maisons neuves ne souffrant d’aucun manque, et l’autre partie ayant créé le bidonville que la réglementation en vigueur n’autorise pas à avoir accès à certains moyens d’accompagnement.

Sinon, les gens de Chabet Souk profitent au maximum de l’implantation de leur hay en plein centre-ville, où tout est à « portée de mains, » notamment l’accès au transport, les soins médicaux, la scolarisation de leurs enfants et les approvisionnements.

A. Chérif