Conduite et incivismeà l’égard des animaux

Qui n’a pas remarqué des cadavres de bêtes en décomposition qui jonchaient les accotements des routes particulièrement celle à grande circulation. Des bêtes écrasées sans aucun état d’âme par des chauffards animés d’un « instinct animal ».

Il arrive qu’elles soient heurtées accidentellement mais bien souvent aussi par « simple plaisir » particulièrement par des conducteurs de poids lourds, lesquels savent que leurs véhicules ne risquent aucune répercution du choc en heurtant à plein vitesse la bête qui a eu le malheur de traverser à leurs passages. On écrase à …bout de roue et pare-choc sans hésitation aucune. Tout y passe : chats, chiens, chacals et sangliers, lièvres, hérissons.

Ces chauffards roulent sur tout ce qui bouge, rien que pour le « plaisir d’écraser ». Comment serait-t-il autrement quand le législateur algérien n’accorde aucune importance à ce « crime contre la faune » dans un pays composé à plus de 70% de forêts peuplées de toutes sortes d’animaux et dont le reste du territoire est à vocation agro-pastorale, des espaces que traversent de part en part et dans tous les sens des routes aux trafics importants. Ils sont rares les itinéraires où l’on constate la pose de panneaux signalant la présence d’animaux. Nous sommes l’un des rares pays où l’on peut tuer impunément un animal. En Europe par exemple, écraser un lapin équivaut à un retrait de permis de six mois doublé d’une forte amende.

De plus, le service des voiries et celui du nettoyage étant ce qu’ils sont chez nous les cadavres des animaux écrasés sont abandonnés sur place et pourrissent lentement même à l’intérieur ou à la périphérie des agglomérations, offrant un décor macabre aux passants, en plus des odeurs nauséabondes qui se dégagent durant le processus de décomposition. Quant à espérer l’incinération de ces dépouilles d’animaux pour réduire l’effet de pollution et les risques d’épidémies, qui s’en soucie ? Passe encore quand il s’agit d’un chat ou d’un lièvre, mais quand il s’agit d’un sanglier qui dépasse les 200 kg, le risque est omniprésent, particulièrement en période chaude.

Il arrive bien souvent que l’on tombe sur ces cadavres abandonnés en plein milieu de la route et qui prennent la forme d’un véritable obstacle pour les véhicules légers et un danger réel pour les motocyclistes… Ceux qui foncent sur un animal et l’écrase pensent-ils à toutes les conséquences que peuvent résulter leur comportement ? N’est-il pas temps de servir et réduire l’hécatombe que provoque ces énergumènes sur les routes ? Etant « insensibles à toute sensibilisations » c’est dans leurs portefeuilles qu’il faut cibler ces chauffards. Le résultat obtenu depuis la mise en exécution de la nouvelle loi relative au port de la ceinture de sécurité est assez édifiant, la prolonger à d’autres délits de conduite tel massacre des animaux serait bénéfique sur plusieurs volets.

Omar Soualah