Les agriculteurs dénoncent

Y a-t-il vraiment une volonté de protéger ce créneau important de l’agriculture dans cette région ? s’interrogent les éleveurs. Sinon comment expliquer ce retard, sachant que dès la fin mai ces vaccins ne seront plus d’aucune utilité au cheptel.

La couverture sanitaire de l’élevage qui est assurée par l’Etat, les vaccins anti-clavelée, anti-fièvre aphteuse ont une période bien déterminée pour être administrés aux bêtes, et doivent être menés à terme dans un délai bien déterminé, sachant que c’est durant cette période que débute l’accoutumance en haute montagne : le cheptel serait relâché dans des pâturages épars et éloignés. Quels que soient les moyens mis, la campagne de vaccination ne pourrait jamais être menée à terme et dans les délais, à moins de faire appel à des vétérinaire privés « c’est peut-être le but recherché par ce retard délibéré ». Pour faire patienter les éleveurs, on évoque une rupture des vaccins (avant même le lancement de la campagne) un argument qui ne tient pas la route et qui n’a convaincu personne car « périmé à force d’être utilisé ».

Voilà donc une situation à laquelle doivent s’intéresser les hautes autorités, sachant qu’un vaccin peut être pratiqué par un simple technicien sans que l’on soit obligé de faire appel aux privés et passer par la « sous-traitance ». Avec tous ces risques de dérapages, sachant que rien qu’une unité de ce vaccin revient à 300 DA et qu’un flacon contient 10 unités. Ces techniciens qui se tournent les pouces au niveau des subdivisions agricoles peuvent bien mener cette campagne de vaccination quitte a être supervisés par des vétérinaires du secteur étatique affectés au niveau de chaque subdivision. La seule manifestation des services de l’agriculture sur le terrain constatée ces derniers jours est la campagne de dépistage de la brucellose, destinée au bovin, mais aussi au caprin presque inexistant dans la région, quant à l’ovin (brebis) à forte concentration et qui représente le taux le plus élevé de l’élevage il est complètement ignoré ; de plus l’ovin est le plus fragile et le plus sensible à toute sortes de maladie et aussi le moins résistant, ce qui est loin d’être pris en considération par les services sanitaires de l’agriculture ; de même que pour les campagnes de prévention confiées aux services d’hygiènes des communes (BHC) qui ne fait objet d’aucun suivi sur le terrain, on se contente d’équiper un simple éboueur d’un pulvérisateur à dos et des produits désinfectants, un personnel qui n’a subi aucune formation ou préparation pour s’attaquer aux surfaces à traiter, ni encore moins des précautions à prendre, vu qu’ils manipulent des produits dangereux.

Quand va-t-on se décider à prendre sérieusement en charge ce créneau important de l’agriculture qui fait vivre des milliers de famille ? Une simple évaluation des enveloppes englouties dans ce secteur comparée aux résultats obtenus donnerait une idée claire et précise de la manière avec laquelle il est géré.

Omar Soualah