« Le cinéma et la femme maghrébine »

Ainsi, pendant les jours que dureront les rencontres, les cinéphiles de Béjaïa, écrasés par la monotonie et le marasme culturel quasi-permanent, auront l’occasion de sortir de la léthargie qui règne sur la ville en mordant à plein dents dans le menu culturel proposé à la Maison de la culture.

« Les sixièmes rencontres cinématographiques de Béjaïa, indique Abdenour Houchiche, président de l’association Projet-Heurts qui est à l’origine de cette manifestation, se tiendront cette année sous le signe de la femme des pays du Maghreb et le cinéma. Ainsi beaucoup de débats auront pour thème : le regard du cinéma sur la femme du Maghreb et l’appréhension de la société maghrébine par la femme à travers le cinéma ».

Les jeunes qui fréquenteront la maison de la culture pourront voir des films dont ils débattront les différents aspects avec les réalisations. Ils feront la connaissance du cinéaste de renom tels, entre autres, Merzak Allouache ou le Tunisien Tahar Chikhaoui.

A noter aussi qu’en plus de la programmation de nombreux courts-métrages sur Béjaïa et sa région, et des séances de « café-cinéma » qui réuniront chaque soir à 17 heures autour d’un café réalisateur public et journalistes pour débattre en toute simplicité des choses du cinéma. Il sera également, comme d’habitude, mis sur pied au cours des rencontres deux ateliers de formation à l’adresse des jeunes, qui sont encadrés par des cinéastes de renom.

Le premier atelier qui sera consacré à l’initiation au cinéma sera animé par Kamel Yaïche et le second, où il sera question de l’écriture de scénario pour courts-métrages, sera dirigé par Tahar Chikhaoui qui est professeur de cinéma à la Sorbonne.

A propos de ces rencontres qui sont aujourd’hui âgées de 6 ans, qui prennent à chaque édition plus d’ampleur, qui deviennent même internationales avec la participation de la France, la Tunisie et le Maroc, certains ont suggéré l’idée de les stabiliser en les institutionnalisant. La structure créée, arguent les promoteurs de l’idée, sera ainsi dotée d’un budget conséquent et d’un personnel compétent et permanent.

Mais ceux qui ont lutté bec et ongles depuis le début pour la mettre sur pied ont sur la question un avis diamétralement opposé. Ils mettent en avant, si les rencontres venaient à être étatisées, le risque de perdre leur contrôle et surtout celui de les voir changer totalement d’orientation.

B. Mouhoub