Imazgharen en quête de développement

Pas moins de dix petits villages composent ce douar. On citera Iâmalyène, Ath Kerrou, Ath Moh Arab, Iâtarène, Ath Ali Bouakli, Ihamdanène, Ifatafène, Ikhadiouène, Ath H’Niche, Amaâdloune et Vagou. Pour en savoir plus sur le quotidien de ces citoyens, nous nous sommes rendus sur les lieux. Nous avons rencontré deux membres du comité de villages lequel fédère en son sein l’ensemble des autres villages. « Chaque village est représenté dans l’assemblée par un tamen », nous a appris l’un d’eux avant de commencer à nous parler de tous les manques. « Plus de vingt pour cent de notre population a préféré l’exode vers Boghni ou ailleurs », nous a informés le premier intervenant.

Ni routes ni éclairage public…

La plupart des pistes qui mènent aux villages précités ne sont pas bitumées. Elles sont impraticables : poussiéreuses en été et boueuses en hiver. « Imaginez que dernièrement, après les intempéries, une femme enceinte a été transportée sur une chaise sur une distance de plus d’un kilomètre », nous fera savoir l’un d’eux. Avant d’ajouter : « C’est le seul village où cinq pistes ne sont encore ni bitumées ni revêtues. Je vous citerai Ifatafène vers Ath Boumaâza sur trois kilomètres et Iaâtarène vers Assif Oussaka sur la même distance ».

A quand l’équipement du forage d’Imazgharen ?

« Nous attendons toujours les équipements du forage d’Imazgharen », a noté un deuxième intervenant. Ce dernier a affirmé que les citoyens souffrent toujours du manque d’eau potable. « Les femmes et les enfants du village vont sur deux, voire trois kilomètres à la recherche de ce liquide dans les sources. A partir du mois de mai, l’eau n’arrive qu’une fois par mois et avec une quantité insuffisante », a-t-il enchaîné. Nos deux interlocuteurs, à savoir Farid Haddadi et Slimane Aïssaoui évoquent la plate-forme de revendications soumise aux autorités locales.

Le comité de village revendique…

« Nous avons soumis tous les problèmes d’Imazgharen dans un document : revêtement de toutes les pistes, extension du réseau du gaz naturel, programmation d’une unité de soins, amélioration de l’AEP, c’est-à-dire tout », a précisé Farid Haddadi. Pour ces deux représentants des villages, leur douar attend ainsi beaucoup de la part des autorités. « lI faut que les autorités fassent quelque chose pour Imazgharen », ont clamé fort nos deux interlocuteurs.

Le foyer pour jeunes attend sa mise en service

A Imazgharen, il n’y a rien. C’est l’oisiveté. D’ailleurs, les jeunes ne trouvent rien à faire si bien que ces deux membres du Comité de village réclament la mise en service d’un foyer pour jeunes. Dans le cadre des PCD, cette grappe de villages a pourtant bénéficié d’un foyer pour jeunes. Comme un peu partout ailleurs, ces infrastructures sont réalisées mais ne sont ni équipées ni affectées pour la Direction de la jeunesse et des sports afin d’être gérées par des agents formés dans le domaine. « A quand les équipements ? », s’interrogent nos deux guides.

Le projet d’assainissement relancé

« Nous tenons d’abord à préciser qu’il n’y a pas eu d’opposition », a commencé par dire Haddadi, avant de nous relater l’histoire de cette opération. « C’est un projet de 450 millions de centimes. Il a été inscrit dans le cadre des PCD. L’arrêt des travaux a été décidé par les jeunes qui ont remarqué un problème dans l’utilisation de buses non conformes à la réglementation », a souligné cet intervenant, avant de dire : « Nous avons alors décidé de nous rendre au siège de l’APC où nous avons vérifié la fiche technique. Effectivement, l’entreprise n’a pas utilisé les buses CAW », avant d’ajouter d’autres détails : « Un P-V à ce sujet a été établi en présence du subdivisionnaire de l’hydraulique de Draâ El Mizan. La décision prise est que l’entreprise démolisse ce qui a été fait. Et c’est chose faite ». « Pour ce projet, continue Slimane Aïssaoui, on a tout fait pour trouver une solution ». « Un citoyen a fait don d’un terrain où sera réalisée une fosse pouvant recueillir toutes les eaux usées rejetées par les conduites », a ajouté M. Aïssaoui. Les deux représentants ont tenu à remercier le subdivisionnaire pour avoir pris la courageuse décision de la démolition des six cents mètres linéaires réalisés par l’entreprise. « Nous espérons que nous avons contribué à la poursuite de ce projet », ont-ils estimé. Avant de quitter Imazgharen, nos deux guides ont dit qu’ils étaient disposés à œuvrer de manière continue pour l’amélioration des conditions de vie de leurs concitoyens en vue de freiner l’exode.

Amar Ouramdane