La polyclinique démolie avant son achèvement

Les habitants d’Aït Sidi Saïd, de l’ex-Michelet-ville et des villages environnants, continueront comme au bon vieux temps, de se rendre à l’hôpital, distant de cinq kilomètres. Leur espoir de voir l’inauguration de cette structure de santé, près de chez eux, en chantier depuis… 1974, a fondu comme neige au soleil. Et pour cause : après trente quatre ans d’attente, la polyclinique fait en ce moment l’objet de démolition avant que les travaux ne soient menés à terme. Pourtant, des sommes importantes ont été dégagées, à plusieurs reprises, pour finalement arriver à cette situation kafkaïenne. Ce que les citoyens trouvent scandaleux est le fait qu’après que les pouvoirs publics aient consenti des dépenses faramineuses pour la construction de deux bâtiments composés d’un rez-de-chaussée et de deux étages, on décide de détruire la structure ainsi érigée pour en reconstruire une autre sur les décombres. « Un bel exemple d’incompétence de gabegie et les mots ne sont pas assez forts », dira un citoyen outré par tant de maladresses. Un budget spécial pour la destruction a été dégagé il y a peu et l’entreprise chargée de la tâche ne tardera pas à achever de mettre à terre « ce chef d’œuvre » de la bêtise. Si un tel gâchis comme tant d’autres, à Aïn El Hammam, passe inaperçu, ce sera une porte ouverte à tous les abus. N’importe quel artisan maçon se prévaut du titre d’entrepreneur et se sucre sur le dos de l’Etat. Ce qui ne manque pas de se répercuter sur le cadre de vie des « Micheletois » qui n’en peuvent plus de voir leur commune tourner en rond. Il y a vraiment longtemps qu’ils n’ont pas eu le plaisir de voir l’inauguration d’un édifice public. Pourtant, les plans de développement (un mot creux dans cette commune rurale), communaux ou sectoriels ne manquent pas. Le bitumage des pistes, la salle omnisports, la bibliothèque et tant d’autres ne sont plus évoqués que dans les discours. Que deviennent donc tous ces projets ? Mystère et boule de gomme.

A. O. T.