365 postes du cycle primaire supprimés à Béjaïa

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Les premières solutions proposées par la DE constituent en des “promotions” des quelque 200 PCEF, qui exercent désormais dans des CEM. Si la majorité des concernés a accepté, au moins une cinquantaine d’enseignants a rejeté cette proposition.

En effet, cette solution n’est pas une obligation mais est soumise à approbation. Pour le reste, la DE de la wilaya de Béjaïa a convoqué les concernés le 15 juin 2008, journée durant laquelle le siège de l’académie a été pris d’assaut par les enseignants dont les postes ont été supprimés, pour leur proposer une solution qui n’a été acceptée que par ceux qui avaient peur de perdre leur poste. En fait, cette solution consiste en des mutations vers des zones déshéritées, ou encore plus déshéritées que les localités enclavées où ils exerçaient. Le lendemain, 16 juin 2008, le reste des enseignants du cycle primaire a été convoqué par la DE pour leur faire savoir qu’il n’y a pas de poste pour eux !

Il faut préciser que ceux qui ont exercé durant des années se retrouvent sans emploi !

On se demande, dans ce cas, comment les syndicats pourraient demander désormais ce qu’ils n’ont jamais cessé de revendiquer : à savoir la régularisation des contractuels, cela relève de l’impossible puisque des titulaires proches d’une retraite paisible bien méritée se voient ainsi “remerciés” : voilà comment les choses se présentent maintenant !

En effet, il n’y a pas plus dur que de voir des enseignantes… pleurer devant le siège de la DE, sur leur sort. Ce qui est encore plus dur, c’est l’impuissance de leurs représentants à… faire quelque chose. En tout cas, on se rappellera les “prophéties” des syndicalistes qui, en défendant la cause des contractuels, disaient : “Demain, ce sera notre (les titulaires) tour”. Maintenant que cette “prophétie” s’est réalisée, que deviendront tous ces pères de famille ? Du côté de l’enseignement secondaire, la réduction du volume horaire n’a pas été sans faire de dégâts moraux. A cet effet, nous avons été choqués de constater la présence d’un PES ayant 32 ans de service… concerné par la suppression de son poste, dans le lycée où il a passé toute sa carrière. Il sera certainement muté ailleurs, mais est-ce de cette façon que l’on remercie ceux qui ont formé des générations d’Algériens, devenus aujourd’hui des cadres de la nation ?

Les enseignants du technique, quant à eux, ont été recyclés dans le cadre d’une conversion à l’enseignement général. C’est vrai que cela pourrait être une solution, puisque l’enseignement technique vient d’être supprimé, mais est-ce que cela sera efficace ? En tout cas, toutes ces situations que nous venons de relater ne sont que les “premières” conséquences de la réforme du système éducatif. Et encore, dans toute cette histoire de suppression de postes et de mutations, il ne faudrait pas qu’il y ait les “deux poids, deux mesures”… D’ailleurs, le PES cité plus haut, que nous avons approché, ne fait pas d’histoires quant à ses 32 ans de service. Il nous a tout simplement déclaré : “Il y a une réglementation que je respecte, mais il faut l’appliquer pour tout le monde”. Pour terminer, nous nous sommes rapprochés d’un membre de la commission paritaire élu du SETE-WB chargé d’“essayer” de régler les problèmes surgis avec cette réforme. En tenant d’abord à se présenter comme étant un “syndicaliste du SETE-WB non putschiste”, il nous a déclaré que les moyens didactiques font cruellement défaut pour la réussite de cette réforme du système éducatif sans compter les contradictions qu’elle rencontrera sur le terrain.

Citons par exemple le nombre d’élèves par classe fixé à 25, alors que la réalité est toute autre…

Tarik Amirouchen

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