Le gazoduc et les habitants de Bir Eslam

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Par courrier daté du 12 juin et signé par une vingtaine d’habitants du village Bir Eslam, Ibachiren, Ireza de la commune de Béjaïa, l’attention du wali a été attirée sur le danger qu’encourent ces habitants dans le cas de la réalisation du projet de canalisation du gazoduc qui passera à proximité de leurs demeures.

En plus de ce danger, ils rappellent le passage de ce gazoduc à quelques mètres de la voie ferrée en la zigzaguant au même titre que la RN 12 et l’oléoduc qui existe depuis une quarantaine d’années. Ils reprochent à la Sonelgaz de vouloir alimenter une entreprise industrielle et commerciale tout en avançant l’utilité publique comme argument. D’ailleurs, selon toujours ces contestataires, ledit projet aurait été gelé depuis plus de deux années avant qu’il ne soit remis sur le tapis. L’arrêté du 15 janvier 1986 fixant les limites du périmètres de protection autour des installations et infrastructures relevant du secteur de la chimie et de la pétrochimie à l’extérieur des zones industrielles dans son annexe sur le secteur des hydrocarbures impose une distance de 75 m de part et d’autre de l’axe. Ce périmètre déduit des superficies des terrains de ces citoyens et leur interdira de fait toute construction habitable alors qu’ils déclarent que le Plan d’occupation des sols englobant leur village prévoit dans ces terrains des habitations pouvant atteindre quatorze étages.

Las d’attendre, ils avaient tenu un rassemblement devant le site du chantier durant les matinées du samedi et dimanche tout en déléguant leurs représentants pour une audience auprès du procureur de la République, après avoir transité par l’APW qu’ils trouvèrent en session. Ils menacent en outre de bloquer la voie ferrée si personne ne prend en charge leurs doléances. Contactés, les responsables de la Sonelgaz confirment la réalisation de ce gazoduc qui se fera en parallèle avec l’ancien datant d’une trentaine d’années, ceci pour renforcer le poste de détente de Béjaïa, alimentant par la même occasion bien sûr Cevital qui est un client comme tout autre client. Selon toujours ces derniers, l’alimentation de Cevital par ce renforcement à partir de Oued Ghir ne fera que profiter les habitants de Béjaïa, lesquels qui auront à leur disposition ce que consommait auparavant cette entreprise.

Les habitants avancent le danger permanent qui les guettera tout au long de leur vie, les réalisateurs parlent des différents avis favorables donnés par les secteurs concernés. Peut-on en réalité parler d’un projet réalisable sans aucun risque ?

A. Gana

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