D. D. K. Pouvez-vous revenir sur votre rencontre hier avec le procureur général de la cour de Tizi-Ouzou?
Malika Matoub : J’ai été reçue par le procureur général près la cour de Tizi-Ouzou. Je voulais être en présence de témoins sur ce qui allait se discuter. C’est pourquoi j’étais accompagnée d’une dizaine de représentants de différentes organisations de la société civile.
Vous confirmez donc l’engagement du procureur général au sujet de la tenue du procès avant la fin du mois en cours…
Bien sûr ! Il a été clair et affirmatif. Le procureur général dit que le procès va se tenir au courant de la session criminelle en cours.
Mais vous avez toujours contesté la tenue du procès sans un travail d’enquête sérieuse au préalable. Un travail non encore réalisé !
Je l’ai dit au procureur général. Il nous a rassuré que le jour de la tenue du procès, la famille pourrait déposer un mémorandum. Effectivement, nous avons des revendication dont la satisfaction est indispensable pour la tenue d’un procès qui permettrait à la vérité d’éclater.
Le procureur général pouvait-il demander un complément d’enquête?
Bien entendu. Il a les prérogation pour le faire dans la mesure où il le jugerait nécessaire. La loi l’autorise.
Comment tenir ce procès alors que vous avez tout le temps réfuté la thèse que ce sont Chénoui et Medjnoun, actuellement détenus, qui seraient, entre autres, les meurtriers de Lounès ?
Ce que je demande, c’est une véritable enquête. Tant qu’il n’y a pas d’enquête scientifique avec une reconstitution des faits et l’audience de toute personne impliquée, je n’adhérerais jamais à cette thèse.
Ce travail est préalable. Je refuse la désignation extraordinaire des accusés. Ceux qui ont désigné les deux personnes que vous citez dans votre question, notamment le chef des Patriotes de la région, doivent venir témoigner ? La famille de Chénoui a rendu public un communiqué dans lequel elle disait que c’est le chef Patriote de la région qui l’a interpellé.
C’est vrai, je ne suis pas là pour régler des comptes. Je demande juste que justice soit faite. Je veux savoir qui a tué mon frère. Je veux aussi savoir comment il a été tué.
C’est à la justice de faire ce travail et non pas aux communiqués de presse et aux écrits journalistiques. Ces derniers ne peuvent pas élucider cette affaire.
L’information de la tenue du procès a déjà circulé à maintes reprise. Ne peut-il pas s’agir que d’une promesses de plus?
C’est vrai qu’il y a quelques mois, la presse a annoncé sa tenue imminente cette fois-ci, c’est différent.
Le procureur général l’a dit publiquement. On ne peut pas m’induire en erreur.
J’étais avec des témoin et j’ai rendu public un communiqué à ce sujet. C’est au parquet d’assurer. La tenue du procès est encore remise aux calandres grecques.
Les activités organisées pour marquer l’anniversaire de l’assassinat de votre frère sont en deçà de ce qu’il mérite.
Pourquoi pas un grand événement surtout pour les 10 ans ?
Ce n’est pas une Fondation ou une association, dépourvues de moyens qui peuvent organiser des évènements grandioses.
Il faut que ce soit une institution étatique, avec les moyens adéquats, qui pourrait organiser ce genre d’évènement.
Toutefois pour cette année, nous avons réussi le concours de poésie Matoub Lounès
Un dernier mot ?
Nous continuerons à demander la vérité, toute la vérité sur l’assassinat de mon frère, je veux savoir qui a tué Lounès et comment il a été tué ?
Si nous voulons faire un saut vers l’avenir, on ne peut pas occulter cette affaire. Tant que le pouvoir fait la sourde oreille, on continuera à exiger cette vérité.
Entretien réalisé par Aomar Mohellebi
