En effet, tout litige entre citoyens qui se réglait jadis à base de discussion ou à défaut d’entente, fait appel à une tierce personne choisie parmi les notables pour trancher ou trouver une solution qu’aucune des parties n’oserait contester au risque de perdre la face et le crédit au sein même des siens. Ce comportement combien civilisationnel et bien spécifique à toute la Kabylie, est en phase de céder la place à la violence, l’agression. Il s’en est suivi aussitôt l’effet boule de neige dans ces contrées où l’on vit en communauté. Une dispute entre deux gamins de quartiers différents, peut dégénérer et prendre des proportions dramatiques entre adultes où des armes blanches entrent en action particulièrement les haches, à l’image de ce qui s’est passé le week-end dernier au village d’Allaouche (trois km à l’ouest du chef-lieu de la daira de M’chedallah) où une bataille rangée a eu lieu entre voisins qui s’est soldée par plusieurs blessés évacués à l’hôpital de M’chedallah pour un litige que nous n’avons pas pu connaître. Les affrontements ont mis aux prises presque la totalité les habitants de ce village. Des témoins oculaires qui nous ont informés que même des parents des uns et des autres résidant loin de ce village sont venus à la rescousse, non pas pour s’interposer entres les belliqueux, bien au contraire pour porter main forte et c’est miracle si l’irréparable ne s’est pas produit, expliquent nos interlocuteurs, avant de compléter par « nous ne pouvons que conclure par le souhait de voir l’Etat instaurer des lois beaucoup plus sévères pour combattre cette violence qui tient à se généraliser et à s’aligner sur la série de fléaux qui règnent dans la société ».
Omar Soualah
