«Les normes industrielles seront appliquées»

Selon un ingénieur pétrolier, cette petite ville de la vallée de la Soummam, semble rallier tous les suffrages en raison d’un certain nombre de paramètres techniques, humains et géographiques. Voyons d’abord en quoi consiste ce projet. Initialisé par Sonatrach dans le cadre de la valorisation de ses hydrocarbures, cette raffinerie de pétrole brut dont le coût d’investissement est supérieur à un milliard de dollars, est d’une capacité de production évaluée à quelque 15 millions de tonnes par an. Sonatrach s’est fixée deux objectifs. Primo, 2,5 millions de tonnes par an seront destinées à l’approvisionnement des régions du centre du pays en carburants : Jijel, Sétif, Bordj Bou Arréridj, M’sila, Bouira et une partie de Tizi Ouzou. Elle va remplacer la raffinerie de Baraki (Alger) qui elle, est appelée à être délocalisée à cause de la vieillesse de son installation. Le deuxième objectif consiste à exporter ce qui reste de sa production annuelle : 12,5 millions de tonnes. En plus d’une manne fiscale que la région devra engranger, le projet va créer quelque trois mille emplois, selon notre interlocuteur. Les retombées économiques sont énormes. En effet, les produits issus de la raffinerie pourront servir de matière première à d’autres usines du secteur pétrolier : pétrochimie, les bitumes, les aromatiques, les solvants,, les lubrifiants… «Ce n’est pas normal qu’un pays de pétrole importe du bitume, du plastique, des solvants, des huiles, etc… car tout cela peut être fabriqué dans nos usines», nous a confié le technicien. Passons à présent à la candidature de la ville d’El Kseur. Celle-ci offrirait plus de conditions que les autres régions en lice. D’abord, notera l’ingénieur, il existe un pipe-line de pétrole brut, un port pétrolier et un poste de chargement en haute mer (un projet en cours de réalisation confié aux entreprises américaines). D’autres atouts sont également mis en évidence : commodités routières, ferroviaire et aérien, existence d’une université technique performante, un tissu hôtelier important et une main-d’œuvre potentielle et disponible. Quant aux villes candidates, pour le cas de Tiaret et Bouira, elles sont en retrait par rapport à la mer, donc non éligibles. Les villes côtières que sont Boumerdès et Tipaza, elles sont en revanche dépourvues d’un pipe-line et d’un port pétrolier, ce qui exclue automatiquement leur éligibilité. Concernant les autres régions du pays, le projet ne peut être implanté ni à l’est, ni à l’ouest, car deux raffineries y sont implantées : Skikda et Arzew. A titre informatif, le projet devrait occuper un terrain domanial d’une superficie de 300 hectares (anciennes fermes coloniales d’agrumes), affecté à quelque 240 agriculteurs. Ces derniers auraient formulé leur opposition au projet au motif que le terrain en question est à vocation agricole. «Tous les terrains sur lesquels on construit des immeubles et des usines sont à vocation agricole, l’essentiel est de développer notre industrie pour produire nos propres richesses», rétorque l’ingénieur. Il ajoutera que sur le plan juridique, le site en question peut être déclassé par une commission de localisation chargée de choisir un terrain devant servir d’assiette à n’importe quel projet social, économique… Quant à la question sensible relative à l’éventualité de la dégradation du cadre de vie, Sonatrach garantit une étude d’impact sur l’environnement avant de lancer le projet. En attendant le résultat définitif de cette étude, notre interlocuteur avance avec beaucoup d’assurance que tout risque de pollution est écarté. «Toutes les normes industrielles seront appliquées dans toute leur rigueur. D’ailleurs, tous les ingrédients qui constituent ces usines sont soumis aux règles internationales. Il n’y aura donc ni risque de pollution, ni risque industriel, l’industrie pétrolière est aujourd’hui maîtrisée dans le monde entier», ajoute enfin le même technicien. Aussi, il rassurera que «la raffinerie ne pourra même pas polluer les nappes phréatiques «puisque, dit-il, tous les rejets de la raffinerie sont traités avant d’être évacués à l’égout. Les raffineries sont dotées de stations dépuration pour le traitement des eaux résiduelles, comme les produits chimiques, et d’ailleurs tous les effluents rejetés sont systématiquement contrôlés par les directions de l’environnement». En outre, comme s’il voulait effacer les préjugés entourant le projet, le pétrolier soutiendra que «Sonatrach, n’est pas une entreprise qui cherche ses intérêts propres au détriment de la population et de son environnement. C’est une entreprise citoyenne qui a contribué à tous les projets de développement économique et du bien-être social».

K. S.