L’ambassadeur de France en Algérie, Son Excellence Bernard Bajolet, a saisi l’occasion de la Fête nationale de son pays, le 14 Juillet, pour rendre public son discours d’adieu aux Algériens, le diplomate devant céder son poste à son successeur en septembre prochain. Dans ce discours il s’est adonné à une critique sans » repentance ni auto-flagellation » de la présence francaise en Algérie, en interrogeant: » Comment la République a-t-elle pu perdre de vue pendant les 132 ans de sa présence en Algérie, les valeurs fondatrices de liberté, d’égalité et de fraternité qu’elle a fait rayonner ailleurs dans le monde depuis plus de deux siècles ? En posant cette question, il ne s’agit pas de verser dans la repentance ni l’auto-flagellation, nous devons poursuivre nos efforts avec ténacité, sans nous laisser impressionner par la surenchère de ceux qui, de part et d’autre de la Méditerranée, ne souhaitent en réalité pas les voir aboutir, de crainte que ne disparaisse un fonds de commerce si aisé à exploiter « , a-t-il dit. Un » travail d’assainissement des relations » a-t-il poursuivi, dont en parallèle » nous avons jeté de nouvelles bases, très solides pour les encadrer dans tous les domaines, à travers un triptyque de trois accords refondateurs : la Convention de partenariat, qui régit désormais l’ensemble de la coopération civile et la santé militaire ; l’accord sur les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire et l’accord de coopération dans le domaine de la défense, » a-t-il rappelé. Quant aux perspectives Son Excellence l’ambassadeur Bajolet, a jugé qu’il fallait maintenant » aller plus loin, en participant massivement à la formation des cadres de l’Algérie de demain et à la création de nouveaux pôles d’excellence franco-algériens, comme l’Ecole supérieure de technologie et, je l’espère, l’Université algéro-française ; en encourageant les investissements français en Algérie, ce qui suppose des efforts de part et d’autre, car il convient aussi de créer un environnement favorable pour de tels investissements ; en promouvant de façon systématique des partenariats entre PME françaises et algériennes « , notamment. Sur la question » sensible « , a-t-il avoué de la circulation des personnes entre les deux pays, Bernard Bajolet, a estimé que » pour sa part que « la France y travaillera dans un esprit à la fois d’ouverture et de réciprocité. Ainsi, le maintien du principe d’un régime dérogatoire pour les Algériens séjournant en France, principe qui ne doit pas empêcher les adaptations nécessaires, justifie l’élaboration d’un régime dérogatoire pour les Français qui viennent travailler en Algérie. De même, l’octroi généreux par nos consulats de visas de circulation, qui représentent désormais le tiers du total, appelle des mesures dans le même sens du côté algérien. Je suis désormais confiant après le vote par le Parlement algérien d’une loi autorisant l’octroi de visas de circulation « . Enfin, s’agissant du sommet de l’UPM tenu le 13 juillet à Paris Bernard Bajolet a émis sa » conviction que l’avenir de l’Europe se trouve bien au sud de la Méditerranée, ajoutant que l’Algérie, à la jonction de la Méditerranée et de l’Afrique, en est un partenaire clé et c’est pourquoi sa participation était et reste si précieuse à nos yeux « , a-t-il conlcu.
Synthèse H. O.
