L’hygiène laisse à désirer

Alors que des caravanes de sensibilisation de la Direction du commerce sillonnent les quatre coins de la wilaya en alertant les consommateurs sur les dangers et les risques d’intoxication alimentaires, au chef-lieu de wilaya, des pratiques contraire à l’hygiène et pour le moins inaccoutumées sont observées au niveau de la gare routière de Bouira. En effet, par ces temps de canicule, plus d’un passager, en transit au niveau de Bouira, souhaite se rafraîchir le gosier, et pour cela, des machines à jus de fruits sont installées sur les quais de cette gare. Reliées à des compteurs par des câbles électriques jonchant le sol sur des dizaines de mètres, ces machines proposent un breuvage élaboré dans des conditions d’hygiène des plus douteuses.

C’est dans un fût en plastique que la boisson dite  » jus de fruits » est préparée à base de poudre et d’une quantité d’eau. A signaler que cette préparation s’effectue en plein air et que la poussière ainsi que la dioxine de carbone émanant des pots d’échapement des bus, stationnés à proximité, atterrissent directement dans le breuvage. Pourtant cette situation ne semble pas, le moins du monde, interpeller les consciences et encore moins les autorités concernées par la santé du consommateur.

Là encore les textes sont clairs, la loi 89/02 du 07 fevrier 89 relative aux règles générales sur la protection du consommateur qui a pour but de protéger la santé et la sécurité, et défendre l’intérêt du consommateur semble être clairement bafouée. Idem pour le décret exécutif n°91/53 du 23/02/91 relatif aux conditions d’hygiène lors du processus de la mise à la consommation des denrées alimentaires qui semble avoir été créé pour combler un vide juridique en la matière. Mais qu’en est-il réellement sur le terrain? Pourquoi cette passivité des services des bureau d’hygiène censés protéger la santé du consommateur?

Les denrées périssables tels ces jus sont extrêmement sensibles et la moindre négligence favorise le développement de micro-organismes, pathogènes et dangereux, du point de vue sanitaire. On dit souvent que ventre affamé n’a point d’oreille, mais gosier assoiffé devrait avoir des yeux, et ce en l’absence d’un contrôle rigoureux.

B. H.