Les banques, de par leur lourdeur et leur bureaucratie, entravent les jeunes promoteurs dans la réalisation de leurs projets. C’est ce qu’a déploré le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Tayeb Louh, lors de la réunion d’évaluation du dispositif de la CNAC organisée hier au niveau de son département. Après avoir noté les remarques émises par les directeurs régionaux de la Caisse nationale d’assurance chômage (CNAC) ayant assisté à cette rencontre, le premier responsable du secteur a rappelé les banques à l’ordre en les exhortant a être plus souples et plus flexibles dans l’octroi des crédits. Comme il les a interpellées quant au respect du dispositif. « La banque n’a pas le droit de refuser un dossier sans pour autant justifier sa décision, elle n’a aucun droit également d’amputer des parties du projet à l’insu de son promoteur. Elle est, par contre, sommée de délivrer au jeune promoteur concerné un accusé de réception de trois mois, minimum, après le dépôt de son dossier » souligne le ministre du Travail avec détermination en soulignant que son département prendra acte avec le ministère des Finances afin d’essayer de solutionner ce problème épineux dont souffre la majorité des caisses du chômage. Ces difficultés ont été ressenties au niveau de tout le territoire national, ce qui explique la régression des résultats enregistrés cette année par la CNAC. En présentant le bilan, le ministre a indiqué qu’au cours de ce premier semestre 2005, il a été recensé à la CNAC 32000 nouveaux dossiers. Sur ce nombre global, 5900 dossiers ont été déposés au niveau des banques, dont 1402 ont été acceptés. Pour ce qui est des prêts non rémunérés accordés par la caisse, ils sont de l’ordre de 419. Outre cela, la Caisse des assurances a notifié durant la même période l’adhésion de plus de 862 au Fonds de caution mutuelle et de garantie ( FCMG). Des résultats qui n’ont pas vraiment satisfait le ministre du Travail qui dans son intervention, n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour demander des comptes aux premiers responsables des caisses du chômage. Ces derniers ont été passés au peigne fin. Pour ne citer que le cas d’Alger, Tayeb Louh a exprimé son mécontentement. C’est un constat sévère qu’il a adressé au directeur de la Caisse d’Alger. « Je ne suis pas satisfait, le taux relatif aux projets concrétisés est très faible », a fulminé le ministre qui précise que la capitale est la dernière de la liste. Voulant se justifier et se défendre surtout devant son ministre, le directeur de la CNAC d’Alger a souligné que sur les 1000 dossiers déposés à son niveau, 80% ont été traités. 253 ont été déposés au niveau des banques et 151 ont eu leur accord. « En plus de cela, nous avons créé pas moins de 30 nouveaux postes d’emplois », a dit, de surcroît, ce dernier en soulevant les entraves causées par les banques. Des explications qui n’ont pas vraiment convaincu le ministre. Ce dernier s’est montré intransigeant lorsqu’il a lancé à l’adresse de ses directeurs que « tout le monde sera responsable des résultats qui seront obtenus ». C’est dans ce cadre que Tayeb Louh a annoncé que son département prévoit d’élaborer des contrats de performance afin de pouvoir évaluer le travail de tout un chacun. L’orateur a, également, indiqué qu’un groupe de travail a été mis en place pour voire la flexibilité et la mobilité des contrats du travail. A la question de savoir s’il y a, par ailleurs, la possibilité de voir le SNMG revalorisé, le ministre s’est contenté de dire, tous en esquivant de répondre, que « notre préoccupation est de combattre le chômage ».
Wassila Ould Hamouda
