Tassefsaft, ce havre de paix

Comme son nom ne l’indique pas, Tassefsaft est plutôt boisée de chênes. De ce coin paradisiaque, nous pouvons admirer la baie de Mansouriah- et même la côte d’El Aouana dans la wilaya de Jijel— et juste au pied de cette colline, la ville de Melbou avec sa belle plage. Ce n’est que de là que l’on peut prendre conscience du qualificatif « Belle Vue » et l’apprécier à sa juste valeur à droite en allant d’Aokas à quelques encablures avant d’arriver à Melbou-ville. En longeant cette route sur 7 à 8 kms, un café maure improvisé dans un conteneur vous rappellera que les habitations ne sont pas loin. Juste en face de ce café, se trouve le siège de la garde communale, ancienne unité de soins transformée en caserne de la police municipale suite à l’incursion terroriste de 1994. Une autre unité de soins a été construite et la permanence est assurée par un seul infirmier et le médecin ne se déplace même pas une fois par semaine comme il le faisait avant 1994. En plus de ces 2 infrastructures, une école primaire de 3 divisions pour 58 élèves menacée de fermeture pour sous-effectifs, sont les seules institutions étatiques pour ce village de près de 700 âmes. Par contre, plusieurs collégiens et lycéens se déplacent à pied de Tassefsaft à Melbou par manque de transport. Seuls 2 fourgons assurent la navette et l’APC n’arrive même pas à assurer le transport scolaire pour permettre à ces 2 fourgons d’assurer celui des travailleurs. Les habitants se plaignent de l’état délabré de la route qui n’avait pas été entretenue depuis son ouverture et pourtant cette rocade qui contourne le centre-ville de Melbou dessert Boulezazen, Takliêtch et jusqu’à la limite de la wilaya de Jijel et sert notamment en période estivale de voie de contournement lors des embouteillages au centre de Melbou. Un entretien avec revêtement est plus qu’indispensable. En plus de cette doléance, il faut signaler aussi le rationnement d’eau qui est limité à 2 h tous les 2 jours en été. Le château d’eau situé plus haut alimente les villages de Tassefsaft, Sahel et Igheldan. « Lors d’une panne quelconque au niveau de ce château d’eau, c’est la population qui s’occupe des réparations et l’edemia ne fait qu’encaisser les redevances» nous a dit énervé Mouloud M. Bien qu’assez peuplée, cette bourgade n’est constituée que de 7 grandes familles et nous rappelle les campagnes françaises où les habitations sont dispersées à l’inverse de celles de Kabylie où l’on construit des maisons collées les unes aux autres. Yazid O. habitant de Tassefsaft nous déclara que « malgré les contraintes de la route, de l’eau et autres, Tassefsaft restera pour moi ce havre de paix que recherchent les amoureux du calme et les romantiques qui apprécieront à coup sûr cette magnifique vue ».

A. Gana